vendredi , 6 décembre 2019

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Une scène politique bipolaire

Alors que la scène politique a aujourd’hui, les yeux rivés sur l’installation de la nouvelle APN, les islamistes pensent déjà aux élections communales et de wilaya. Tous conduits par un MSP, «grandi» par sa détermination à rester dans l’opposition au gouvernement, les partis de cette mouvance, veulent tout de même croire en leurs chances et parient sur l’union pour vaincre leurs adversaires de toujours: les nationalistes.
Il faut, à ce propos, reconnaître que la scène nationale, est en passe de constituer une sorte de bipolarité politique qui donne des miettes aux démocrates. Ces derniers, dont les discours sont aussi contradictoires que leur émiettement sur le terrain, n’ont même pas effleuré la possibilité, de constituer une alliance. Pourtant, à voir les scores en termes de voix collectées aux législatives par quelques partis dit modernistes, on pourrait supposer, qu’ensemble, ils pourraient construire une sorte de minorité active, une opposition qui ne fait pas que de la figuration.
Mais le fait est là. A côté d’un bloc nationaliste fort, omniprésent, le mieux organisé et le plus convainquant politiquement, ainsi qu’idéologiquement, représenté par le FLN et le RND, la scène nationale voit naître doucement, mais sûrement une alternative probable. Celle-ci est bien entendu islamiste. Dirigé par le MSP, le futur pôle politique se donne déjà la mission, d’impacter les prochaines élections locales et s’imposer, de fait, comme une véritable solution politique, à même de gérer «démocratiquement» une éventuelle crise. Dans le même temps, les «républicains modernistes» dont le courant à vu venir plusieurs partis, au bénéfice des dernières réformes politiques, continuent à assister en spectateur, à la réorganisation du paysage politique.
Les deux nouvelles familles iront piocher dans le formidable réservoir électoral, que sont les abstentionnistes. C’est sur cette catégorie de citoyens, que repose l’avenir politique. Il s’agira, pour chaque acteur public, d’en prendre un maximum, pour faire la différence avec ses adversaires. Même si les partis s’y prennent mal pour aboutir à pareil résultats, il demeure qu’il existe des tentatives avérées d’organisation. Cela dit, on aurait voulu que l’Algérie dispose de trois pôles au lieu de deux. Le citoyen et la République y gagneraient.

Par Smaïl Daoudi