lundi , 21 janvier 2019

«Une seule main ne peut applaudir»

Moins d’une semaine après la démolition du bidonville de Sidi El Bachir, une bonne dizaine de constructions illicites ont été de nouveau érigées sur le site qui venait d’être désaffecté, des constructions fort heureusement rapidement démolies par les services municipaux de Bir El Djir. Cette opération de démolition fait suite précise-t-on, aux instructions du Wali d’Oran qui avait ordonné la démolition de toute construction illicite sur ce site et l’installation d’un mur de clôture en attendant le lancement d’un programme de 2.000 logements LPA sur l’assiette récupérée. En d’autres termes, ironisent nos «mauvaises langues locales», l’APC concernée n’aurait pas levé le petit doigt pour empêcher la «renaissance» au même endroit de ce grand bidonville de Sidi El Bachir connu depuis des lustres pour sa perpétuelle «reconduction». Depuis quelques jours, malgré la vigilance des services de la Wilaya et les fermes instructions du premier responsable local, plusieurs habitations illicites ont été construites sur des sites de bidonvilles récemment évacués après le relogement des occupants. C’est notamment le cas au site dit «Hayet Regency» ainsi qu’au quartier des Planteurs où le wali d’Oran a ordonné la poursuite des opérations de démolition de toutes les habitations désaffectées, l’installation d’un mur de clôture et le gardiennage des parcelles foncières récupérées. Selon des témoignages rapportés par la presse locale, après les multiples opérations de relogement qui ont ciblé les sites des Planteurs, de Ras El Ain et du «Terrain Chabat», plus d’une centaine de constructions illicites ont été aussitôt érigées en divers endroits. Des journalistes indiquent même qu’au quartier des Planteurs, la majeure partie des sites désaffectés après les opérations de relogement ont été réoccupés par de nouvelles familles qui s’y sont installées dans le but de bénéficier d’un logement. Il est vrai que depuis l’annonce, il y a des années du programme spécial de relogement des habitants des Planteurs, le quartier n’a pas cessé d’être une destination très convoitée par les candidats au relogement à travers le bidonville. Et face au laxisme parfois proche de la complicité de certains acteurs installés dans les sphères de gestion municipale, on ne peut que rester septique sur les objectifs d’éradication totale des bidonvilles. Notamment à Oran où malgré l’engagement, les instructions et les initiatives du Wali, le fléau continue de ramper, doucement mais sûrement, à travers les communes. Ne dit-On pas, il est vrai «qu’une seule main ne peut applaudir».

Par S.Benali