vendredi , 20 septembre 2019

Urbanisme: Qui décide de quoi ?

Dans l’ex-quartier résidentiel de la Cité Djamel, des immeubles de plusieurs étages poussent au milieu des anciennes et belles petites maisons individuelles. Ces immeubles, dont l’une des façades dite «aveugle», pour éviter un regard plongeant sur la ville mitoyenne, donne au paysage une hideuse image, truffée d’incohérences et de non-dits sur cette «ré-urbanisation» anarchique.
Sans entrer dans le débat sur la légalité de ces opérations de construction en hauteur au milieu d’un site résidentiel, on peut au moins constater que c’est, là encore, la forte pression de l’argent et des capitaux qui peu à peu impose les nouveaux dessins de construction urbaine des quartiers et de la ville. Idéalement située à l’entrée sud du tissu urbain central, la Cité Djamel est certainement appelée à devenir un jour un pôle urbain important doté de potentialités économiques et commerciales aussi fortes et inintéressantes que celles du nouveau quartier El Akid à l’Est de la cité.
Mitoyenne au grand édifice de Naftal, au tribunal, à la zone des sièges, et à la grande mosquée Ibn badis, la Cité n’a plus aujourd’hui de «cité» que le nom, mais devient un grand espace urbain de réception de diverses constructions aux contenus et aux contours encore opaques. Il est certes vrai, que de nombreuses nouvelles fortunes sont apparues sur la scène locale sans que l’on sache trop comment et par quel miracle leurs jeunes auteurs ont pu les construire, eux qui pointaient au chômage il y a quelques années à peine.
Sans vouloir dénigrer l’honnêteté et la bonne foi de nombreux investisseurs oranais qui s’efforcent d’apporter leur contribution au développement local à travers un projet urbain quelconque, on ne peut que déplorer le faible taux d’intégration et de création de valeur ajoutée bénéfique à l’emploi et à la croissance. Promotions immobilières, Hôtels, centres commerciaux, salles de fêtes, restaurants ou grands magasins à enseigne, constituent pour l’instant les choix essentiels retenus par les investisseurs en milieu urbain.
L’extension de la ville à l’Est, avec la zone d’El Akid, reflète bien cette tendance qui risque, à moyen et à long terme, de se généraliser ailleurs dans les endroits, autrefois résidentiels, comme à la cité Djamel et ses environs. Si les immeubles de plusieurs étages qui poussent au milieu des villas ont été «autorisés» ici; pourquoi ne le seraient-ils pas ailleurs, à travers ce qui reste à Oran de zones résidentielles dignes de ce nom…En matière d’urbanisme, on peut se demander, qui décide de quoi à Oran ?

Par S.Benali