lundi , 16 décembre 2019

Vente et sous-location de logements sociaux

De plus en plus de logements sociaux attribués récemment à Oued Tlélat, Gdyel et Belgaïd font l’objet d’annonces de mise en vente sur internet et les réseaux spécialisés. Des propositions de vente assorties de «promesses de désistement» et de «reconnaissance de dettes» établies auprès d’un notaire. Cette pratique, qui n’a rien de nouveau ni d’originale, est connue depuis bien longtemps, mais semble aujourd’hui prendre une autre allure, une forme de banalisation, posant certaines interrogations. Ce qui a conduit le wali d’Oran à ordonner l’ouverture d’une enquête par les services de sécurité afin d’identifier les contrevenants et de prendre les mesures légales permettant de mettre fin à ces pratiques.
Mais, il se trouve que ce «marché informel» de vente par désistement d’un logement social, qui existe depuis toujours, reste difficile à éradiquer tant qu’il existe une offre et une demande importante. Nombreux sont les citoyens en quête d’un logement et prêts à dépenser entre 300 et 400 millions de centimes pour abriter leur famille sous un toit décent, qu’importe le statut juridique du logement. A la cité des HLM/USTO, des exemples, connus des résidents, indiquent que bon nombre de ces vendeurs «par désistement et reconnaissance de dettes», ne s’inquiètent nullement d’une quelconque mesure administrative ou judiciaire à leur encontre.
Et dans bon nombre de cas, les acheteurs de logements sociaux restent discrets sur leur profil et leurs revenus réels, parfois tiré d’une activité commerciale juteuse, voire du trafic illicite. Selon un observateur averti, le «désistement» de la location d’un bien incessible, pourrait bien devenir un jour «un droit revendiqué par un citoyen dans le besoin…». Comment, dans de telles conditions, l’Etat et ses représentants locaux peuvent-ils lutter et mettre un terme à cette pratique de «vente par désistement» ou de «sous-location» d’un logement social attribué en principe à une famille dans le besoin.
D’autant plus que vendeurs et acheteurs illicites peuvent toujours se cacher derrière une «situation familiale» fictive justifiant un échange, un partage, ou un prêt. Il fut un temps où des centaines de logements sociaux dans les cités d’habitat à l’USTO, étaient attribués à des responsables, des fonctionnaires de l’Etat, des cadres, des députés, des artistes, des chanteurs et chanteuses connus et bien d’autres acteurs qui ont revendu le logement resté fermé parfois durant des années. A la cité HLM.USTO, on cite des cas de logements de l’OPGI sous-loués par les locataires à des médecins ou avocats ayant installé leurs Cabinets. Jusqu’à quand faut-il distribuer le logement social à de présumés nécessiteux, occupant souvent des bidonvilles en perpétuelle floraison ? Pourquoi privilégier les squatters des espaces publics au détriment d’enfants de la ville qui ont formulé des demandes depuis parfois plus de trente ans ? Bien plus que des enquêtes sur les fraudeurs, c’est en réalité toute la politique de distribution du logement qui est à revoir et à corriger.

Par S.Benali