dimanche , 26 janvier 2020

Vraies et fausses alertes au «risques d’effondrement »

Le projet d’aménagement de la rue des Aures, ex-la Bastille, revient cette semaine à la une de l’actualité locale «grâce», ou à cause de l’effondrement partiel d’un morceau de toiture de l’ancienne cave vinicole de la place Hoche qui devait servir de lieu de transfert provisoire des marchands devant être déplacés durant la période de travaux. Mardi dernier, tard dans la nuit, une partie de plafond s’est en effet effondré, sans faire de victimes, dans des circonstances que l’on ignore. On sait que les hangars de l’ancienne cave vinicole ont été aménagés, il y a plus de trente ans, en entrepôts puis en locaux destinés à des activités municipales. Mais avec le temps et la manque d’entretien, la bâtisse s’est fragilisée et a été peu à peu abandonnée à son sort. Il y a prés d’une quinzaine d’années, un ancien wali voulant à son tour améliorer l’espace urbain au marché Michelet avait suggéré, en vain, aux commerçants concernés de s’installer dans l’ancienne cave vinicole une fois restaurée. Entre-temps, les marchands de fleurs de la rue Khémisti avaient de leur côté, accepté avec joie de s’installer dans les nouveaux kiosques appropriés construits sur la place Hoche. Mais le bras de fer engagé entre les autorités locales et les marchands de fruits et légumes de la bastille allait se durcir et se prolonger en faveur des commerçants qui semblaient détenir une curieuse «force de pression» sur les pouvoirs publics. Pas moins de quatre Wali successifs se sont penchés sur ce dossier et ont tenté, en vain, de déplacer les marchands vers un nouveau site, ne serait-ce que provisoirement, le temps de réparer et de restaurer les lieux marqués par un délabrement et une clochardisation avancée. Les dernières instructions du wali en poste, il y a quatre mois, ont été elles aussi contestées et refusée par les quelques 150 marchands, détenteurs de tables sur ce marché dans cette célèbre ruelle du centre ville. Pourtant tout le monde, conformément à l’opinion locale, admet que les anciennes caves de la place Hoche seraient être une très bonne alternative permettant de délocaliser et de rassembler afin de permettre de lancer des travaux de rénovation le long de la rue de la bastille. De manière provisoire, voire même de façon définitive, estiment bon nombre, si l’on veut éviter que ce site urbain au cœur de la ville ne replonge dans le chaos et la «ruralisation» avancée, indigne des ambitions de la métropole… Et c’est justement, cette dernière perspective qui semble motiver le refus obstiné des marchands à rejoindre le site de transfert désigné. Des «mauvaises langues» locales affirment même que le dernier «effondrement partiel» du plafond de la cave devrait être «soigneusement étudié»… «Ne serait-ce pas, disent-ils, un hasard provoqué pour crier alerte au risque d’effondrement et au danger de mort? ».

Par S.Benali