La chronique de Benali Si Youcef

GNL16
Dernière ligne droite
Les préparatifs
de la conférence internationale sur le gaz, prévue le 18
avril prochain, entament leur dernière droite. Oran doit
très vite remettre en ordre son cadre urbain bouleversé par
les travaux en cours lancés ici et là. A quelques jours de
la manifestation économique mondiale, un défi de taille
s’impose aux autorités locales pour la réception de tous les
chantiers dans les délais fixés.
Dans le cadre de cette mobilisation pour le succès du GNL16,
des instructions ont été données lors d’une réunion
officielle tenue à la Mairie, pour renforcer les moyens de
ramassage des ordures ménagères et la collecte des sachets
en plastique qui inondent certains endroits de la ville.
Concernant les routes, le directeur de la voirie et de la
circulation a précisé que «70 panneaux directionnels à
caissons lumineux seront installés le long de l’axe menant
du pont Zabana au centre des conventions et que 70 autres
sont prévus au niveau des autres trajets officiels.
S’agissant de l’éclairage public, on parle de 5.000 points
lumineux supplémentaires ajoutés au programme de réfection
et d’entretien, et même de «la mise en place d’une
permanence, au niveau des services techniques concernés,
pour assurer le suivi et signaler les insuffisances
constatées sur le terrain». Autant d’actions et de décisions
que l’on croyait déjà inscrites au registre du
fonctionnement normal et courant d’une APC efficace et
organisée.
Mais certains détails évocateurs ne cessent d’illustrer
l’ampleur du déficit en matière de maîtrise de la
maintenance urbaine. Evoquant «quelques insuffisances» en
matière d’embellissement et de réaménagement des façades de
la Cité, le président de l’Assemblée a relevé, entre autres,
le cas des «plaques de signalisation qui n’auraient pas été
lavées depuis près de sept mois...»
Rien d’étonnant pour l’oranais anonyme habitué à voir l’état
peu reluisant des routes et des chaussées. Mais pourquoi se
demandent bon nombre, avoir attendu cet événement mondial
sur le gaz, pour se rendre enfin compte que même les plaques
de signalisation ne sont jamais lavées? Il est peut-être
vrai que d’obscurs fantômes se frottent les mains de joie à
la simple idée de pouvoir encore rire de nos tares
collectives et de nos petits malheurs urbains. Et les
panneaux mal entretenus, les ordures non ramassées,
l’éclairage public défaillant ou les sachets en plastique
qui marquent le décor des cités restent des dossiers bien
moins sensibles et épineux que ceux du vieux bâti qui
s’effondre, du chômage en hausse chez les jeunes, de la
prolifération de la drogue, de la pénurie de vaccins et de
médicaments, du marasme des écoles, et de bien d’autres
préoccupations sociales que l’on peut résoudre au simple
détour d’une réunion économique aussi internationale
soit-elle. La raison d’être des gouvernants, c’est qu’il
gouvernent. Une évidence qui concerne aussi les
gestionnaires élus installés au chevet des préoccupations
sociales.
Gérer l’avenir d’une communauté c’est assumer ses
responsabilités par des choix clairs et cohérents, c’est
obéir à l’intérêt national et non à la dernière pression
qu’on subi, c’est répondre aux besoins des habitants et non
à la dernière tendance politique marquant la conjoncture.