mercredi , 25 novembre 2020

«100 locaux par commune»… Pour qui et pourquoi ?

Des sommes colossales ont été inutilement dépensées dans la réalisation des fameux «100 locaux pour l’emploi de jeunes» implantés à travers les communes sur décision de l’ancien président de la République. A l’époque, rares, voire aucun responsable local au niveau d’une Wilaya n’avait osé remettre en cause ce qui était à l’évidence une ineptie du système aux commandes incapable de mettre en œuvre une stratégie de lutte contre le chômage et de relance de la croissance. A Oran, plusieurs bâtisses hideuses, ont été réalisées dans ce cadre, dont celles implantées à Hai Bendaoud dans la commune de Bir El Djir et au quartier HLM/USTO à Oran. Ce dernier bâtiment, réalisé il y a plus de quinze ans en bordure de la cité des 1245 Lgts, malgré les plaintes et contestations des résidents qui espéraient un stade de proximité ou un espace vert avec aire de jeux, a très vite gangrené le paysage, enclavant davantage des centaines d’appartements et condamnant les résidents à subir les affres d’une construction réalisée dans des conditions techniques désastreuses en termes d’accès, de conception et d’évacuation des eaux usées et des eaux de pluie. Longtemps déserté par les premiers bénéficiaires choisis selon les critères du clientélisme du système de l’époque, les locaux n’ont profité à aucun des nombreux chômeurs de la cité. A ce jour, des jeunes adultes riverains de la bâtisse exhibent des documents attestant de leur dépôt de dossiers de demande de local auprès de l’ANSEJ, de la commune et d’autres autorités compétentes. «Il fallait à l’époque, connaître le Wali, le Maire ou quelqu’un de bien placé dans le circuit…»se lamentent plus d’un jeune concerné par l’exclusion et la marginalisation organisée. Et ce qui est encore plus choquant, est le fait que la majorité des locaux occupés et mis en activité, sont en réalité loués par les premiers bénéficiaires à des tiers ayant ouvert un commerce plus ou moins conforme au cahier des charges initialement annoncé. On compte ainsi, sur la façade longeant la rue principale, un ferronnier au côté d’un vendeur de matériel médical, d’un marchand de tabac, d’une chambre froide ou d’un réparateur de télé. Tandis que les locaux donnant sur la cité, et ceux de l’étage, demeurent toujours fermés, servant, disent plusieurs témoins, de «dortoirs» mis en location à des jeunes sans logements. On sait que le directeur de l’agence pour l’insertion des jeunes chômeurs, a été il y a quelques temps, interpellé et traduit devant les tribunaux pour on ne sait quel délit. Mais il ne faut pas être grand clerc pour deviner l’ampleur des dérives et des passe-droits qui gangrenaient ce terrain de prédation aujourd’hui oublié…
Par S.Benali