mercredi , 22 septembre 2021
<span style='text-decoration: underline;'>Elle vit son dernier week-end </span>:<br><span style='color:red;'>2017: une année faite de hauts et de bas</span>

Elle vit son dernier week-end :
2017: une année faite de hauts et de bas

L’entame de cette année n’aura pas été de tout repos pour un exécutif appelé à organiser deux importants rendez-vous électoraux. Année électorale, 2017 était d’autant plus difficile à négocier en raison avec la situation financière du pays qui venait compliquer la donne. Une partie de l’opposition, organisée en «pôle», a mis la pression dans le sillage des tensions sociopolitiques, mais a finalement opté, comme l’ensemble de la classe politique pour une participation aux élections législatives du mois de mai.

Le Conseil des ministres s’est réuni hier pour la dernière fois en 2017. Le Président de la République et le gouvernement auront traversé, à l’image de tous les Algériens, douze longs mois où le bon s’est mêlé au moins bon, dans tous les domaines. L’Algérie a connu des fortunes diverses tout au long de cette année qui finit, malgré tout, sur une note plutôt optimiste. Le déficit commercial s’est considérablement réduit, la balance des paiements reprend un peu de couleurs et les réserves de changes se maintiennent autour de 100 milliards de dollars. Ce sont-là les principaux indices qui plaident en faveur d’un redressement progressif, mais sûr de la situation financière du pays. Le FMI et autres institutions financières internationales avaient prédit le pire pour l’Algérie. Mais, cela ne s’est pas produit, grâce principalement à une gestion sage des finances publiques, aidée par un salutaire renchérissement du baril du pétrole dont les prix ont été au dessus des niveaux de référence fixé par la loi de Finances 2017.
C’est justement ce texte législatif qui a «chauffé» la rue au tout début de l’année. On se souvient que les Algériens ont accueilli 2017 par des rumeurs d’embrasement social, en rapport avec la loi des Finances. L’épicentre d’un mouvement de contestation piloté d’on ne sait où, a été la ville de Bejaïa. Des manifestations violentes ont émaillé la première semaine de 2017, avec à l’appui un discours très hostile à la loi de finances. Les troubles se sont propagés à quelques autres quartiers dans trois ou quatre villes du pays.
C’est dire que l’entame de cette année n’aura pas été de tout repos pour un exécutif appelé à organiser deux importants rendez-vous électoraux. Année électorale, 2017 était d’autant plus difficile à négocier en raison avec la situation financière du pays qui venait compliquer la donne. Une partie de l’opposition, organisée en «pôle», a mis la pression dans le sillage des tensions sociopolitiques, mais a finalement opté, comme l’ensemble de la classe politique pour une participation aux élections législatives du mois de mai. Entre les troubles du mois de janvier et la parfaite «cohésion» politique, le pays a vécu au rythme d’un discours privilégiant la production nationale. Les Algériens redécouvraient le «patriotisme économique» avec son lot de licences d’importation et autres raretés de certains produits, à l’image des véhicules dont les prix ont flambé et la banane qui s’était imposée comme la «reine» des fruits.
Les mesures gouvernementales n’ont pas eu d’effets néfastes sur le vécu de la société, d’autant que les chantiers les plus essentiels n’ont pas été gelés. On citera, celui de la réalisation de logements, avec en prime l’éradication des bidonvilles dans la capitale. Un acte majeur à inscrire sur pierre blanche pour 2017, puisque Alger peut se targuer d’être la première capitale africaine, débarrassée de ses bidonvilles. La volonté de ne pas faire payer la facture de la crise financière aux couches sociales les plus défavorisées a eu un impact stabilisateur sur la scène sociale nationale.
A côté de cette stabilité, il a été constaté durant cette même année, un enracinement de la démocratie dans le système politique, puisque 2017 a été caractérisée par l’absence du boycott. Les élections législatives ont vu la participation de toute la classe politique sans exception, même si les électeurs n’ont pas répondu massivement à l’appel des urnes. Mais, la réussite tant au plan social que politique, n’aura pas suffi à l’Algérie pour éviter une autre polémique. Celle-ci, a été créée par le gouvernement issu des législatives. Le Premier ministre Abdelmadjid Tebboune, s’est mis à dos ses principaux partenaires et s’est lancé dans une politique en totale rupture avec le programme présidentiel. Il a aggravé son cas par des «vacances suspectes», ce qui a engendré une mini-crise politique qui s’est terminée par son évincement et son remplacement par Ahmed Ouyahia.
Connu pour ces positions tranchantes, le nouveau Premier ministre fait l’actualité durant plusieurs semaines en décriant une situation financière catastrophique, Ouyahia relance le débat sur la santé financière du pays, malgré le fait que de mois en mois, les résultats du commerce extérieur et l’état des réserves de changes plaidaient pour une douce sortie de la crise. L’automne 2017, aura donc été mouvementé en débats entre acteurs politiques et la solution préconisée par l’exécutif pour équilibrer les comptes du pays a enflammé la scène politico-économique. Le financement non conventionnel, a été au centre de tous les critiques adressées au gouvernement. Mais l’amendement de la loi sur la monnaie et le crédit est bel et bien passé et le pays est entré dans une phase que certains qualifient encore de dangereuse. Mais cette mesure a tout de même permis la relance de beaucoup de chantiers gelés et permis de confectionner une loi des finances 2018 très ambitieuse et susceptible de conduire à une réduction du chômage qui s’était établi au dessus de 12% en avril dernier.
Au plan diplomatique, si l’année 2017 a débuté timidement et enregistré que très peu d’enthousiasme au fil des mois, le rendez-vous algéro-français du 6 décembre dernier, a constitué un tournant historique dans les relations entre l’Algérie et la France. La visite de» travail et d’amitié effectuée par le président français Emmanuel Macron à Alger, a été un grand moment de diplomatie qui, faut-il le souligner, a intéressé l’ensemble des Algériens et des observateurs des relations algéro-française. Le franc succès de cette visite a ouvert de nouvelles perspectives de partenariat entre Alger et Paris et replacé l’amitié entre les deux nations sur un axe prometteur. Il reste que ce rapprochement permet de clore l’année 2017 sur une note optimiste.
Il faut dire qu’au vu du déroulement de ces douze mois où l’Algérien n’a été ni malheureux ni spécialement heureux, 2017 a été bien plus positive qu’attendue et cela sur tous les plans, notamment celui de la sécurité où le pays n’a connu que deux tentatives d’attentat terroristes, à Constantine et Tiaret et qui s’était soldées par l’échec des terroristes. Le seul regret de la société, a été sportif. Le naufrage de l’équipe nationale de football qui a raté la qualification au Mondial russe est un bémol, il faut le dire, dans cette année 2017. Les Algériens à qui beaucoup de choses ont réussi, comparativement à d’autres peuples, n’ont pas eu et n’auront pas l’occasion de festoyer à cause d’une série de très mauvais résultats des Verts.
Alger: Smaïl Daoudi