lundi , 18 janvier 2021

34 logements communaux… Discordes et convoitises

Vendredi dernier, les forces de police sont intervenues pour évacuer des individus qui voulaient occuper illégalement les 34 logements réalisés il y a déjà plus de dix ans par la commune d’Oran et qui restent à ce jour sans affectation. Une «tentative de squat», certes avortée, mais qui soulève encore une fois des interrogations sur ce curieux dossier en instance qui, il faut l’admettre, illustre aussi les failles et les carences cumulées depuis des années dans la gestion du patrimoine communal . Bon nombre d’observateurs s’interrogent, depuis toujours, sur la pertinence et la crédibilité de certaines anciennes décisions prises par les responsables successifs élus aux commandes de l’APC d’Oran. Des décisions de dépenses en investissements ou en équipements, certes approuvées par des délibérations de l’Assemblée, mais qui trop souvent sont truffées d’incohérences, de paradoxes, et de non-dits ouvrant la porte aux rumeurs et aux spéculations. Ceux qui connaissent le mode de fonctionnement de la Mairie peuvent aujourd’hui expliquer pourquoi les élus sincèrement engagés dans la bataille du progrès et du développement de leur Cité n’arrivent pas toujours à concrétiser leur programme et leurs projets. L’actuel Maire en poste, connu pour son attachement sans faille au développement urbain et culturel de la Ville, n’a jamais cessé de suggérer des actions et des opérations pertinentes visant à étoffer sur le tissu urbain les équipements indispensables à l’animation artistique et culturelle, aux loisirs, aux parcs et jardins, aux crèches et aux écoles, et bien d’autres projets d’aménagement des grandes assiettes foncières récupérées après démolition de bâtiments ou vieux édifices, tels que les anciennes gares routières ou les halles centrales de Choupot. Malheureusement, le système global de gouvernance, et son environnement institutionnel et juridique ne permettent pas encore à un Maire d’avoir le dernier mot sur les choix d’investissement et le modèle de croissance de la Ville qu’il gouverne. Par ailleurs, face aux pressions, parfois aux menaces de grève et de déstabilisation, d’anciens présidents d’APC ont souvent cédé, parfois par convoitise et intérêt, à des revendications n’ayant aucun rapport avec le développement local et les attentes des administrés. En quoi la construction d’une trentaine de logements, soi-disant réservés aux travailleurs de l’APC, pouvait apaiser la colère et les frustrations de centaines de travailleurs communaux, parmi plus de huit mille employés à la Mairie ? Fatalement, ces 34 logements très convoités ne pouvaient qu’être «mis de coté», voire oubliés. Jusqu’à quand ?
Par S.Benali