samedi , 27 février 2021
«Les entreprises sont en train de fermer»

«Les entreprises sont en train de fermer»

Les entreprises nationales de différentes tailles ont été fortement impactées par la pandémie du coronavirus où plusieurs sociétés ont mis la clé sous le paillasson. La difficile conjoncture sanitaire a mis à l’arrêt de nombreuses activités, ce qui a mis l’économie face à une rude épreuve.

Évoquant ce que les entreprises endurent actuellement comme difficultés, le président de la Confédération algérienne des patrons citoyens (CAPC), ex-FCE, Sami Agli a dressé une situation peu reluisante due aux conséquences désastreuses, sur le plan économique, de la Covid-19. Intervenant, hier, sur les ondes de la chaîne III de la Radio nationale, a affirmé que «depuis le début de la crise sanitaire notre économie souffre et nos entreprises sont en train de fermer l’une après l’autre».
«La situation économique est compliquée, elle nous impose une réforme profonde, une rupture et un autre modèle économique pour se projeter à l’avenir, être réaliste et réagir vite face à cette crise (…)», a-t-il déclaré sur la chaîne III.
Il plaide pour une relance économique avec d’autres réflexes et réformes ainsi que la dé-bureaucratisation réelle qui sera ressentie sur le terrain, non au niveau déclaratif.
«Le Plan de relance n’est pas un choix. C’est une obligation, une nécessité. C’est la solution ultime. Nous devons le soutenir et œuvrer tous à sa réussite car cela y va de l’avenir de l’économie nationale», a déclaré le président de la CAPC.
«Il y a aujourd’hui des secteurs entiers employeurs, sensibles et vitaux pour l’économie qui nécessitent réellement un électrochoc pour une reprise rapide».
« Nous ne pouvons pas prétendre à un avenir économique meilleur sans cette relance économique, tant demandée par les Algériens », a-t-il déclaré.
M. Agli a affirmé qu’il y a parfois des mesures qui ont été annoncées mais qui n’étaient pas appliquées, estimant «qu’il y a le feu à la maison ; l’économie est en train de s’effondrer, nous sommes en train de perdre des acquis et des entreprises sont malheureusement en train de fermer «.
Il a affirmé dans ce cadre concernant les effets de la pandémie de la Covid-19, qu’il faut séparer le «combat sanitaire et le combat économique», assurant «que nous devons sauver des vies humaines et sauver aussi des entreprises».
Il a souligné dans ce cadre que «le combat économique doit être mené avec la même volonté, force et détermination qu’on met dans le combat contre la Covid-19 et pour sauver les vies humaines».
«Nous avons aujourd’hui des signaux négatifs venant d’entreprises qui existent depuis plusieurs années qui ne peuvent plus faire face à leurs charges», regrette l’intervenant.
Le président de la CAPC a évoqué la bureaucratie qui «est une réalité amère et est notre ennemie numéro un, et ce, depuis plusieurs années déjà. Cette bureaucratie est plus puissante aujourd’hui que jamais et bloque beaucoup de créateurs de richesse», a-t-il indiqué avant de souligner l’impératif de débureaucratiser les actes de gestion et d’investir.
Citant quelques exemples qui entravent l’acte d’investissement, le responsable évoque les demandes d’autorisation pour exploiter ou investir, affirmant «il faut arrêter, tout de suite, avec ces demandes dont beaucoup restent sans réponse». «Des entreprises sont aujourd’hui à l’arrêt, à cause de ce fameux document. La réalité est là, l’entreprise vit des moments très sombres et très durs », déplore-t-il.
M. Agli a affirmé qu’il faut lutter contre la bureaucratie qui freine l’investissement, réclamant en contrepartie l’impératif d’accompagner les entreprises. L’invité de la chaîne III suggère de « trouver les moyens comment accompagner nos entreprises et arrêter toute pénalisation».
Il propose enfin comme geste à l’égard des entreprises ce qu’il a appelé «une année blanche sur le plan fiscal et parafiscal».
Samir Hamiche