dimanche , 26 septembre 2021
<span style='text-decoration: underline;'>La loi relative à l’eau à revoir</span>:<br><span style='color:red;'>80% des barrages réalisés en Algérie sont totalement envasés</span>

La loi relative à l’eau à revoir:
80% des barrages réalisés en Algérie sont totalement envasés

La capacité des 50 barrages en exploitation à travers les différentes régions du pays, programmée et planifiée, est de 5 milliards de mètre cubes. Mais, aujourd’hui, nous n’avons même pas quelques millions de m3, et ce, vu la situation du stress hydrique que vit l’Algérie.

C’est en effet, le constat fait hier à Alger, par le Professeur Abdelkrim Chelghoum, directeur de recherche à l’Université des sciences et de la technologie Houari-Boumédiène (USTHB), et président du Club des risques majeurs, qui précise que « 80 % des barrages réalisés en Algérie sont totalement envasés ».
M. Chelghoum, qui intervenait sur les ondes de la radio nationale, a expliqué que « mis à part le barrage de Beni Haroune dans la wilaya de Mila, les autres barrages sont à moins de 10 %, notamment ceux de Taksebt (Tizi-Ouzou), Bouira et de Tipaza qui sont pratiquement à 0 % ».
L’hôte de la radio nationale a estimé qu’il est sans doute « bien de construire ces ouvrages », mais il existe un problème de fond qui est « comment aménager à l’amont un barrage ». Dans ce sens, M. Chelghoum a soulevé « l’absence totale d’étude et d’aménagement des barrages et des bassins et sous bassins versants en Algérie ».
Par ailleurs, l’invité de la rédaction de la chaîne 3 a soulevé la possibilité de recours à la réutilisation des eaux usées épurées, qui selon lui pourra être l’une des solutions pour rationaliser la consommation de l’eau potable, dont le coût de production est très élevé. Cette eau qui vient des stations d’épuration sera destinée notamment pour l’irrigation et l’industrie.
Aujourd’hui, soulignons-le, l’Agriculture consomme quelque 70% de la ressource hydrique, des quantités estimées très importantes. D’ailleurs, les experts du secteur des Ressources en eau estiment que le volume d’eaux usées rejetées à l’échelle nationale avoisine les 80% des eaux consommées. Ainsi, le ministère de tutelle s’est engagé dans la mise en place d’un programme ambitieux de réalisation d’installations d’épuration. Ce genre de programme permettra d’augmenter les quantités des eaux usées traitées, visant enfin à élever les capacités et resserves en ressources hydriques du pays.
Par ailleurs, l’invité de la rédaction a estimé qu’il est temps de revoir la loi n°05-12 correspondant au 4 août 2005 relative à l’eau et du PNE. Selon lui, cette loi est largement dépassée et elle doit être revue sur la base d’une charte sur l’eau.
D’autres experts estiment en outre qu’il est nécessaire de revoir cette loi sur l’eau et définir de nouvelles stratégies tenant compte de l’évolution mondiale et nationale, car selon eux, le domaine de l’eau en Algérie doit être complètement réorganisé, surtout qu’il doit tenir compte de plusieurs facteurs.

Plusieurs propositions avancées pour dépasser cette crise d’eau

En effet, les experts du secteur avaient soulevé et avancé plusieurs solutions pour pourvoir dépasser cette crise de manque d’eau. Il s’agit en premier de recourir aux campagnes de sensibilisation pour expliquer l’enjeu de la lutte contre le gaspillage, en axant sur la facture le prix subventionné en vert et le prix réel en rouge qui est 15 à 20 fois supérieur au prix facturé. L’autre proposition est la formation et le soutien aux agriculteurs à l’installation de systèmes d’irrigation plus rationnels et la réutilisation des eaux usées épurées.Ensuite, il sera temps de passer à affronter la réalité en revoyant la tarification de l’eau car aujourd’hui, le tarif de l’eau est très bas notamment pour les industriels, les agriculteurs et autres.
D’autres actions fortes devront être aussi imposées en direction des agriculteurs, pour mieux utiliser cette eau traitée, mais aussi indexer les facteurs d’évaluation et de rendement des stations d’épuration en fonction de l’exploitation de leurs eaux usées épurées et de leurs boues d’épuration. Idem, pour la consommation d’eau potable, dont la tarification est à revoir complètement sur la forme, le fond et les principes.
Noreddine Oumessaoud