dimanche , 27 septembre 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Les épreuves du Baccalauréat débutent aujourd’hui </span>:<br><span style='color:red;'>A l’ombre du coronavirus</span>

Les épreuves du Baccalauréat débutent aujourd’hui :
A l’ombre du coronavirus

Les pouvoirs publics ont déployé tous les moyens nécessaires pour réussir la session 2020. Beaucoup d’observateurs s’attendent à ce que ce bac précisément, soit à la portée de tous, en raison du long temps de révision, plus de 7 mois, et du nombre de cours assez réduits sur lesquels vont porter les épreuves. Mais…

Plus de 637.000 candidats, scolarisés et libres, ont rendez-vous aujourd’hui avec le plus important examen de l’année. En effet, la fin du cycle secondaire est véritablement un événement que la société algérienne dans son ensemble prend très au sérieux, pour la symbolique qu’il incarne en termes de passage à l’âge adulte. En cela, les épreuves du Baccalauréat qui s’étaleront sur cinq jours, sont un rituel incontournable pour toute année scolaire. Il se trouve cependant que cette session est inédite. En se tenant un mois de septembre, le baccalauréat 2020 entre dans les annales de l’Education nationale, comme l’une des rares exceptions du secteur..
Il est clair que la crise sanitaire induite par la pandémie de la Covid-19 est responsable de cet état de fait. Mais il faut aussi souligner qu’en dehors de cette double spécificité, l’examen se déroulera selon le modèle que l’on connaît depuis l’indépendance du pays. Ainsi,
le nombre des candidats inscrits qui s’élève à 637.538 dont 413.870 candidats scolarisés et 223.668 candidats libres, seront encadrés par 192.300 enseignants répartis sur 2261 centres d’examen. Le nombre des centres de collecte et de codage s’élève à 18 centres. L’Office national des examens et concours (ONEC) a consacré 18 centres à l’opération de correction des copies pour laquelle 48.000 enseignants ont été mobilisés.
Cette fiche technique du baccalauréat 2020 rappelle celles qui ont précédé, avec tout de même quelques différences, à savoir que «les sujets de l’examen ont été limités aux cours dispensés en présentiel durant les 1er et 2ème trimestres de l’année scolaire 2019-2020», avait d’ailleurs rassuré le ministre de l’Education nationale les lycéens qui craignaient que les cours en visioconférence soient inclus.
Quant au déroulement, à proprement parler, des examens, il faut savoir que la tutelle avait élaboré quatre protocoles sanitaires approuvés par le ministère de la Santé. Il est évident que l’objectif est de protéger les candidats et les encadreurs. Il est surtout question d’éviter de créer des clusters de la pandémie. De son côté, le gouvernement a réuni tous les moyens de prévention au niveau de tous les centres d’examen que compte le pays.
La préoccupation sanitaire et les mesures qui l’entourent n’ont pas éloigné les responsables du secteur du phénomène de fraude qui avait fait parler de lui les années précédentes. A ce propos, les autorités ont criminalisé toute forme de fraude et de triche aux examens scolaires, en introduisant des sanctions dans le Code pénal. Ces sanctions qui dépassent dorénavant les peines administratives sont devenues également judiciaires.
Comme à l’accoutumée, les épreuves du baccalauréat ne concernent pas seulement les candidats scolarisés. Et dans le lot des candidats libres, il a été comptabilisé, cette année, 4.647 détenus qui se présenteront aux épreuves du Baccalauréat. Ils seront accueillis dans 44 établissements pénitentiaires agréés par le ministère de l’Education nationale en tant que centres pour les examens officiels.
Sur le plan de la sécurisation de l’examen, on apprend que la Direction générale de la Sûreté nationale a mobilisé 15379 policiers à travers tout le territoire national. Le plan mis en place par la DGSN prévoit la sécurisation de 2147 centres d’examen répartis au niveau national, les centres d’impression, de collecte et de correction, outre l’accompagnement de l’ensemble des mesures préventives adoptées par le ministère de l’Education nationale pour la réussite de ces examens, sur fond de la conjoncture sanitaire exceptionnelle due à la propagation du nouveau coronavirus.
C’est dire que les pouvoirs publics ont déployé tous les moyens nécessaires pour réussir la session 2020. Beaucoup d’observateurs s’attendent à ce que ce bac précisément, soit à la portée de tous, en raison du long temps de révision, plus de 7 mois, et du nombre de cours assez réduit sur lesquels vont porter les épreuves. Mais il y a d’un autre côté, le stress suscité par la pandémie de la Covid-19 qui peut jouer un rôle déstabilisateur. En tout état de cause, on saura en octobre prochain si la cuvée 2020 du baccalauréat sera exceptionnelle ou pas en terme de résultats. Celle de 2019 a donné lieu à un taux de réussite de l’ordre de 54,56%.
Nadera Belkacemi