vendredi , 27 mai 2022

Absence de rigueur et de contrôle permanent…

Un individu de 43 ans a été arrêté la semaine dernière à Oran pour pratique illégale de la médecine. Le mis en cause, qui avait commencé par pratiquer la hijama au le rez-de-chaussée d’une habitation située dans un quartier populaire d’Oran, a décidé de transformer son commerce clandestin en cabinet médical recevant des malades en consultations et délivrant même des ordonnances avec des document et cachets falsifiés. L’enquête a révélé que l’individu, se faisant passer pour un médecin, exerçait cette profession sans avoir de diplômes. Lors de son arrestation en flagrant délit de pratique illégale de la médecine, les policiers allaient découvrir dans le bureau du faussaire divers matériels et équipements médicaux laissant croire qu’il s’agissait bien d’un cabinet de praticien privé légalement installé. L’arnaqueur-faussaire, interrogé par les policiers a déclaré, pour se défendre, qu’il ne pratiquait que «la médecine alternative, à base d’herbes et de massage». Une déclaration vite démentie par des patients qui se trouvaient en salle d’attente dans son cabinet. Ce fait divers, très commenté par la rue oranaise et sur les réseaux sociaux, a soulevé une vague d’indignation parmi ceux qui pensaient que l’escroquerie par l’usurpation de fonctions ne pouvait jusqu’ici concerner que des énergumènes dérangés se faisant passer pour un officier haut gradé de l’armée, un procureur de la République ou un haut fonctionnaire de l’Etat. Oser se prétendre médecin et soigner des malades relève de la mise en danger de citoyens crédules, au revenu modeste, qui souvent ne peuvent faire face aux honoraires d’un vrai médecin, encore moins d’un spécialiste. Par ailleurs, comment comprendre et admettre que les services, institutions et autres organes du secteur de la santé chargés du contrôle et du suivi de l’activité médicale, ont pu laisser agir cet individu qui finalement n’a été arrêté que grâce à la vigilance de nos policiers alertés par des citoyens choqués. Comment expliquer que les élus de la municipalité, l’ordre régional des médecins, et les secteurs décentralisés de la Direction de la Santé peuvent faire l’impasse et longtemps ignorer l’installation d’un nouveau cabinet médical sur le territoire de la commune concernée. Car même avec un vrai diplôme de médecine, la pratique médicale est réglementée par des textes et organisée à travers une série de mesures permettant, en principe, la circulation de l’information et le suivi des membres du corps médical là où ils se trouvent, dans les établissements publics ou les cabinets privés. Mais depuis quelques temps, avec l’apparition du Covid, bon nombre de praticiens privés à travers les quartiers déplorent une forme d’oubli et de marginalisation, les tenant à l’écart de toute orientation ou information officielle liées à leur activité. «Même les anciennes listes de garde des médecins par quartier ne nous sont plus adressées comme avant» nous déclare une praticienne installée à la Cité Hlm/Usto… Fatalement, avec l’absence de rigueur et de contrôle permanent, la porte reste ouverte à toutes les arnaques et à toutes les dérives…
par S.Benali