mardi , 19 octobre 2021

Achèvement du complexe olympique: Incertitudes et non-dits

Lors d’une rencontre, tenue mercredi dernier à Alger avec l’ambassadeur chinois en Algérie, le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, Mohamed Tarek Belaribi a assuré le diplomate «de l’accélération des procédures administratives et financières au profit des sociétés chinoises en charge des travaux des grandes infrastructures sportives, en prévision des jeux méditerranéens Oran 2022».
«Nous ne ménagerons aucun effort, a-t-il déclaré, pour résoudre les problèmes en suspens et à l’origine de la lenteur du rythme des travaux entrepris par les sociétés chinoises à l’échelle nationale, à l’instar du stade d’Oran devant abriter les jeux méditerranéens en 2022».
Une déclaration qui sonne comme une confirmation de certains arguments avancés par la société chinoise de réalisation pour expliquer, en partie, les raisons des retards cumulés dans l’achèvement du projet dans les délais. On se souvient que le Président Tebboune avait décidé il y a quelques semaines de placer les projets de grandes infrastructures sous tutelle du ministère de l’Habitat. Une décision qui, selon des experts locaux, ferait suite à un constat de défaillance de la part des anciens responsables du suivi de ce grand projet.
Le Premier ministre , lors de sa visite récente au stade d’Oran, avait donné des instructions fermes pour le parachèvement des travaux au stade olympique avant la fin 2021. On sait par ailleurs que plusieurs projets de réalisation de stades à travers le pays enregistrent des retards importants, notamment le stade de Baraki à Alger qui traîne en longueur depuis 14 ans.
Ces projets, confiés à plusieurs entreprises chinoises de réalisation, souffrent à peu près des mêmes contraintes techniques, administratives et financières qui pénalisent la cadence des travaux et prolongent les délais d’achèvement bien au-delà de la date fixée dans le cahier des charge. Faut-il croire que les sociétés chinoises concernées sont les seules et uniques responsables de ces situations contraires aux normes de rigueur et de rendement dans la réalisation d’un projet ?
Il est vrai que les déficits de maturation et de prévision minutieuse des coûts de réalisation entraînent trop souvent des demandes de réévaluation et donc des avenants au contrat initial, augmentant considérablement le montant initial du projet. Les lourdes procédures bureaucratiques, dénoncées par tous les grands opérateurs dans le bâtiment et la construction, perturbent le financement progressif des travaux, surtout pour les grands chantiers nécessitant l’appel à de nombreux sous-traitants.
Cette rencontre du ministre de l’Habitat avec l’ambassadeur chinois peut certes, permettre de résoudre quelques problèmes qui entravent la bonne cadence des travaux. Mais selon des observateurs avertis, compte tenu du retard déjà accumulé, et de la situation héritée après plus de «cinq ans de flegme et de manque de répondant aux doléances de l’entreprise», le stade olympique et ses annexes ne sauraient être entièrement livrés dans trois mois, à la fin décembre prochain. Au mieux en mars ou début avril nous dit un expert proche du chantier. Inchaa Allah.
Par S.Benali