mardi , 29 septembre 2020

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« Aidez-moi ! »

La cérémonie d’investiture du nouveau président s’est voulue, dans la forme et dans le fond, pleine de symboles de rupture dans la pratique du pouvoir lors de l’ère de l’ancien président Bouteflika. La présence des adversaires du président Tebboune lors de la campagne électorale à cette cérémonie, l’absence de certaines figures trop en vue de l’ancien pouvoir, mais aussi le discours du nouveau locataire du palais d’El Mouradia, étaient, à côté d’autres symboles encore, les prémices d’une nouvelle ère dans l’histoire de notre pays.
La fin du discours du président Tebboune qui a rappelé que désormais « fakhamtouh » faisait partie du passé et qu’un « Monsieur le président » suffisait pour le designer, venait matériellement confirmer cette nouvelle tendance. Il reste aussi à retenir cette phrase du discours, qui n’est pas sans rappeler celle d’un autre président d’un pays européen qui avait appelé son peuple à l’aider, et que Tebboune a bien souligné avec son « aidez-moi !», comme pour montrer à quel point la tâche qui l’attend est difficile, et à quel point il a besoin de l’aide de tout le monde, mais aussi qu’il ne veut marginaliser aucune force sincère et patriotique du pays.
Le nouveau président a aussi marqué ce début de rupture en acceptant le jour même la démission du Premier ministre Bedoui, qui n’aura même pas à gérer les quelques semaines avant la constitution du nouveau gouvernement du président Tebboune. Il a aussi, dans la foulée, limogé le ministre de l’Intérieur qui a payé sa triste phrase sur le hirak. Une sortie de route, qui aux yeux, du président Tebboune ne pouvait être tolérée et qui devait être sanctionnée sur le champ. C’est chose faite maintenant.
Il faut retenir aussi, que Tebboune veut donner à la jeunesse tous les moyens pour qu’elle puisse réellement faire partie intégrante dans la gestion des affaires du pays et qu’elle puisse s’organiser en partis et associations. Et pour ce, elle aura l’aide totale matérielle et financière de l’Etat pour qu’elle ne soit pas dépendante de l’argent sale et de la manipulation des hommes d’affaires véreux et calculateurs. Un appel clair en direction des jeunes du hirak qui doivent se prendre en charge et militer politiquement, dans un cadre légal, pour faire aboutir leurs revendications.
Un objectif possible quand on sait que le premier chantier du nouveau président sera de mettre en place une nouvelle constitution, qui devra être approuvé par referendum. Un referendum qui aura valeur de baromètre de la popularité naissante du président de la République Abdelmadjid Tebboune.

Par Abdelmadjid Blidi