mardi , 11 août 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Alors que Ouyahia et Sellal écopent de 12 ans de réclusion </span>:<br><span style='color:red;'>Ali Haddad condamné à 18 ans de prison ferme </span>

Alors que Ouyahia et Sellal écopent de 12 ans de réclusion :
Ali Haddad condamné à 18 ans de prison ferme 

Après plusieurs jours d’audience, le verdict dans le procès de l’affaire Haddad est tombé hier.

Le Tribunal de Sidi M’hamed (Alger) a prononcé de lourdes peines à l’encontre de plusieurs accusés, à commencer par l’homme d’affaires Ali Haddad, les membres de sa famille et des anciens responsables de haut rang dont des ex-ministres et Premiers ministres.
Les peines allant de 2 à 20 ans prononcées dans l’affaire Haddad sont assorties d’amendes et suivies par la décision de juge ordonnant la confiscation de biens et le gel de comptes bancaires. Un certain nombre d’accusés dans cette affaire ont, pour leur part, bénéficié d’acquittements.
Ainsi, le principal accusé dans cette affaire qui, d’ailleurs, porte son nom, Ali Haddad, en l’occurrence, ancien président du Forum des chefs d’entreprise, a écopé d’une lourde peine d’emprisonnement.
Le Tribunal de Sidi M’hamed l’a condamné à 18 ans de prison ferme assortis d’une amende de 8 millions de DA. Pour ce qui est des membres de sa famille, ses cinq frères (Rebouh, Mohammed, Omar, Soufiane et Meziane) ont été condamnés à 4 ans de prison ferme assortis d’une amende de 8 millions de DA chacun.
En plus des peines d’emprisonnement prononcées, le Tribunal a ordonné la confiscation de tous les biens des accusés dans l’affaire d’Ali Haddad dont les comptes bancaires qui ont été gelés.
Aussi, de lourdes peines ont été prononcées à l’encontre d’anciens ministres. C’est l’ancien ministre de l’Industrie, Abdessalem Bouchouareb, actuellement en fuite, qui a écopé de la peine la plus lourde.
Le Tribunal de Sidi M’hamed l’a condamné par contumace à 20 ans de prison ferme et une amende d’un (1) million de DA, en plus de l’émission d’un mandat d’arrêt international à son encontre.
Par ailleurs, le Tribunal de Sidi M’hamed a prononcé une peine de 12 ans de prison ferme et une amende d’un (1) million de DA à l’encontre des deux anciens Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal. Ce dernier est aussi poursuivi pour financement de la campagne électorale pour la Présidentielle d’avril 2019. Toutefois, le Tribunal a décidé l’extinction de l’action publique à son encontre dans cette affaire.
Également impliqués dans l’affaire Haddad, les deux anciens ministres, Mehdjoub Bedda et Youcef Yousfi ont écopé de 2 ans de prison ferme assortis d’une amende de 500.000 DA chacun, tandis que l’ancien ministre, Abdelghani Zaalane a été condamné à 3 ans de prison ferme.
L’ancien ministre des Transports et Travaux publics, Amar Ghoul, a écopé, quant à lui, d’une peine de 10 ans de prison ferme assortis d’une amende d’un (1) million de DA.
Par ailleurs, le Tribunal de Sidi M’hamed a prononcé une peine de 2 ans de prison ferme à l’encontre des anciens walis d’El Bayadh, Abdellah Benmansour et d’Annaba, Mohammed Selmani, de 5 ans de prison ferme assortis d’une amende de 500.000 DA à l’encontre de l’ancien ministre, Abdelkader Kadi et de 3 ans de prison ferme assortis d’une amende de 500.000 DA à l’encontre de Amara Benyounes et Boudjemaa Talai.
Le Tribunal a condamné les accusés à verser un montant de 135 milliards centimes au Trésor public à titre de réparation in solidum.
Par ailleurs, des décisions d’acquittement ont été prononcées par le Tribunal à la faveur des accusés dans cette affaire, à savoir : les directeurs généraux des entreprises portuaires de Béjaia, Achour Djeloui, de Mostaghanem, Bouledjouidja Ryad et de Djendjen (Jijel), Houari Abdeslam.
Le 24 juin dernier, le procureur de la République près le Tribunal de Sidi M’hamed avait requis des peines de 15 ans de prison ferme à l’encontre des deux anciens Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal et de 18 ans contre Ali Haddad.
Il est à rappeler enfin que les personnes accusées dans l’affaire Haddad sont poursuivies pour plusieurs chefs d’inculpation. Il s’agit entre autres de «obtention de privilèges, d’avantages et de marchés publics en violation de la législation», «dilapidation de deniers publics», «abus de fonction», «conflit d’intérêts» et «corruption dans la conclusion de marchés publics» et «blanchiment d’argent, pressions sur des fonctionnaires afin d’obtenir d’indus avantages, corruption de fonctionnaires».
Samir Hamiche