jeudi , 25 février 2021

...:
Ambiance de «normalité» et d’impunité

Pas moins de 40.000 logements toutes formules confondues seront attribués durant le premier semestre 2021 dans la wilaya d’Oran. Cette annonce du wali d’Oran lors d’un «point de presse» organisé jeudi dernier a de quoi satisfaire et rassurer des milliers de famille en attente d’un logement. Ces logements, a précisé le responsable local, seront attribués en deux étapes en mars et en juin 2021. La première étape concernera l’affectation de 14.600 logements, dont 6.500 de la formule LPL dite sociale, 7.700 location-vente et 430 LPA. La deuxième phase portera sur l’attribution de 10.000 logements publics locatifs LPL et 11.000 logements location-vente. Ainsi, ce programme de distribution de 40 000 logements durant le premier semestre 2021 concerne la remise des clefs de 23.000 logements LPL, 18.700 logements AADL et 1.200 logements LPA. Ce qui, à l’évidence laisse très peu de place au programme d’affectation de logements sociaux réservé on le sait en priorité au recasement des occupants de bidonvilles et des immeubles du vieux bâti déclarés à risque d’effondrement imminent. On sait par ailleurs que même les souscripteurs aux logements AADL, notamment ceux du pôle urbain Ahmed Zabana, sont bien lassés d’attendre leurs clefs depuis plus de sept ans et ont d’ailleurs vivement exprimés leur colère mardi dernier à travers un grand rassemblement devant le siège de la wilaya. Ce qui semble bien motivé cet «appel à la patience» lancé par le wali à tous les demandeurs de logements, en leur indiquant qu’il veille «personnellement à la relance de tous les chantiers de réalisation de logements encore à la traîne». Une déclaration qui a suscité chez les mauvaises langues locales des critiques ironiques sur le système de gestion des affaires locales qui demeure depuis longtemps grippé par des paradoxes et des contraintes difficiles à surmonter, même pour les responsables locaux euxmêmes. Et encore moins par la seule volonté d’un wali de passage aussi compétent et engagé soit-il dans l’assainissement des nombreux dossiers en éternelle instance. Il est en effet bien difficile de comprendre et encore moins d’admettre que des retards dans la réalisation des chantiers, notamment les voiries et la connexion au réseau d’eau potable, puisse à ce point retarder la livraison des logements aux souscripteurs de la seule wilaya d’Oran. Et cela dans une ambiance de «normalité» et de totale impunité qui ne semble déranger personne parmi les gestionnaires du secteur. « Il fut un temps à Oran, nous raconte un retraité concerné, notamment à l’époque du défunt et regretté wali Rachid Mérazi, où des têtes sautaient pour moins que cela…». Il est vrai qu’en termes d’évaluation des résultats sur le terrain des besoins et des attentes des citoyens, beaucoup reste à faire pour combler les failles et les carences.

Par S.Benali