mardi , 19 octobre 2021
<span style='text-decoration: underline;'>Le cadre de vie dans les nouveaux espaces urbains</span>:<br><span style='color:red;'>Anticiper la ghettoïsation, un impératif</span>

Le cadre de vie dans les nouveaux espaces urbains:
Anticiper la ghettoïsation, un impératif

Bien que considérée comme la plus européenne en même temps que la moins française des villes d’Algérie, à cause notamment de l’importance de sa population d’origine espagnole, Oran a vu, dès 1910, selon un historien, son histoire urbanistique se transformer et suivre, voire précéder, les agglomérations françaises de la même envergure dans l’établissement de leurs fameux plans d’aménagement, d’embellissement et d’extension.

Une envergure, désormais ternie avec le temps pour de multiples raisons, qu’il est inutile d’évoquer ici, tant elles sont complexes et mériteraient une étude sociologique approfondie. Ceci étant, dès les années 1988-89, rapportent des études d’experts nationaux, ont été amorcées à Oran les premières recherches portant sur les noyaux d’habitat agglomérés implantés à l’extérieur du périmètre urbain. Étant située au fond d’une baie ouverte au nord et dominée directement à l’ouest par la montagne de l’Aïdour ou Murdjajo, d’une hauteur de 580 mètres, ainsi que par le plateau de Moulay Abdelkader el Jilani, l’agglomération qui s’étend de part et d’autre du ravin de l’oued Rhi, maintenant couvert, ne peut offrir, comme seule possibilité d’extension, que sa partie Est . Le centre de la ville devenu vieillissant et exigu en raison de la soudaine hausse de la densité populaire pour diverses raisons socio-économiques, le desserrement résidentiel devenait une nécessité, voire une urgence pour répondre à une forte demande en logements et désengorger surtout un espace urbain devenu excessivement densifié, proche de l’étouffement. Ainsi, au fur et à mesure, naîtront de nouveaux pôles urbains, à l’instar d’El Akid Lotfi, une cité urbaine assez prisée aujourd’hui, Belgaïd, Haï En Nour et Haï El Yasmine, pour ne citer que ceux là, où l’aspect architectural est loin d’égaler le style haussmannien caractérisant l’habitant du centre ville, mais a cet avantage d’offrir un visage de neuf et de récent, même si , sur le plan esthétique, architectes et urbanistes n’en n’ont pas fait leur priorité. C’était, disons le minimum requis. Avec la crise qui sévissait gravement en ces temps, due en particulier à une démographie galopante, la production résidentielle était un impératif et non pas un luxe. Les populations qui s’y sont installées jouissent plus ou moins d’un confort relatif du fait que ces nouveaux pôles urbains offrent de meilleurs visages par rapport à beaucoup de quartiers autrefois considérés comme étant modernes. Le développement d’une activité commerciale diversifiée, notamment en matière de services, en a fait, des espaces recherchés par une certaine classe sociale, quitte à mettre le prix. Certes tous ces pôles urbains ne seront pas tous d’égale valeur foncière, celui de Akid Lotfi, étant le plus valorisé au regard de sa façade privilégiée de proximité avec la mer, mais cela a tout de même permis de régler , du moins en partie, la problématique de l’habitat. Une problématique qui a poussé, exode rural oblige, les concepteurs à aller explorer de nouveaux espaces urbains vers la partie Ouest de la ville et même en dehors de la commune, à l’exemple d’Oued Tlélat ou Misserghine. Il n’en demeure pas moins, que s’est alors posée la question de la qualité de vie qui aurait supposé une intervention éclairée des urbanistes afin de donner à ces nouveaux pôles urbains une physionomie plus ou moins avenante pour un meilleur épanouissement des populations qui les peuplent. Il est vrai que le défaut d’implication des citoyens dans la prise en charge des parties communes, notamment des espaces verts, est en partie responsable de la dégradation du cadre de vie dans certaines cités, mais cela aurait pu être atténué si une politique de proximité sur la préservation des espaces communs avait été préalablement conçue. C’est aussi, le moyen le plus sûr d’éviter à long terme, toute forme probable de ghettoïsation qui arriverait au galop, lorsque les conditions d’harmonie de la vie en collectivité ne sont pas réunies. L’apparition de quartiers dits « sensibles », développeront tôt ou tard, une forme de délinquance urbaine qui se fait déjà visible.
Karim. B

 

 

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