mercredi , 5 août 2020

Assainissement et préservation du domaine public

Trois constructions illicites ont été démolies lundi dernier au quartier des Planteurs par les services du secteur urbain de Sidi El Houari. Des constructions sauvages, nous dit un observateur des lieux, qui étaient bien trop visibles au regard de responsables éventuels de passage près du semblant stade dit « Gapinda ». A la faveur de cette dure période de crise liée au Covid-19, les constructions de baraquements illicites à travers cette zone des planteurs ont pris une ampleur difficile à maîtriser. Il est vrai que pour un grand nombre de familles dans le besoin, occuper un bidonville est devenu une étape incontournable à l’attribution d’un logement neuf ou même dans l’attente de l’obtention d’une décision de pré-affectation. Depuis le lancement il y a plus d’une décennie du vaste programme de restructuration urbaine des Planteurs après relogement des habitants, on a assisté à une nette augmentation des flux de populations venant de tous les coins de la région et du pays pour occuper un bidonville et espérer un logement. Un phénomène accentué, il faut le dire, par les pratiques mafieuses de certains énergumènes érigés en «courtiers», proposant à la vente des baraques ou même des lots de terrain réservés au domaine public. Depuis le début de la crise sanitaire, plus d’une centaine de nouvelles constructions illicites auraient été démolies dans cette zone des planteurs très convoitée par les candidats au relogement. C’est en tout cas, ce qu’affirme un responsable du secteur urbain qui ne précise pas cependant, combien de nouvelles baraques sauvages échappent chaque semaine à la démolition. Il est bien évident que le manque de moyens matériels et humains pour la gestion et le suivi de cette vaste zone à très forte densité de population ne permet pas une prise en charge rigoureuse du fléau des bidonvilles qui reste inscrit, on le sait, dans des tabous politiques et sociaux favorables à sa propagation. Malgré les efforts indéniables des autorités locales qui affichent leur volonté de lutter sans merci contre le fléau des bidonvilles, l’évolution de la situation sur le terrain est loin d’être à la hauteur des objectifs d’assainissement et de préservation du domaine public et du cadre urbain.
Par S.Benali