mercredi , 25 novembre 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Marché pétrolier</span>:<br><span style='color:red;'>Attar plaide pour la poursuite de l’alliance Opep-non Opep</span>

Marché pétrolier:
Attar plaide pour la poursuite de l’alliance Opep-non Opep

Face aux fluctuations des prix du pétrole dues notamment aux conséquences de la pandémie du coronavirus sur les économies mondiales, le maintien de l’alliance scellée entre les pays Opep et non Opep est nécessaire pour stabiliser les cours de l’or noir.

C’est le plaidoyer du ministre de l’énergie, Abdelmadjid Attar, qui a appelé dans un entretien accordé au quotidien « Liberté », publié hier, à poursuivre la coopération dans le but de maintenir la stabilité du marché pétrolier.
«Cette alliance est encore nécessaire et doit absolument se poursuivre si on veut éviter de rentrer dans une période d’absence totale de vision sur le court terme surtout», a indiqué le ministre.
Estimant que grâce à cette alliance, les cours ont connu une remontée pour se stabiliser actuellement autour des 40 dollars le baril, M. Attar a indiqué que le marché pétrolier devrait souffrir d’un retour plus lent que prévu, des prix à leur niveau de 2019.
«L’accord Opep+ mis en œuvre le 1er mai 2020, et son respect globalement, notamment par les plus gros producteurs que sont l’Arabie saoudite et la Russie, a permis aux prix de remonter autour de 40 dollars le baril pour le moment», a-t-il indiqué.
Pour le ministre, le marché serait «très instable et probablement en dessous du niveau actuel sans cette existence de l’alliance Opep-non-Opep». La coopération est plus que nécessaire compte tenu de la persistance de la pandémie de la Covid-19 et ses conséquences ayant engendré un contexte d’incertitudes au sein du marché pétrolier et impacté la reprise de la demande de l’or noir.
Tous ces éléments ont poussé le ministre à écarter un retour rapide des prix à leur niveau de 2019. «Pour le moment, il est vrai que le monde entier ne suit en premier qu’une éventuelle fin de pandémie, suivie d’une reprise de la demande mondiale. Mais ce n’est pas suffisant à mon avis, car d’autres paramètres qui découlent aussi du rythme et du mode de cette reprise vont certainement empêcher les prix de revenir rapidement au niveau connu en 2019 et probablement pas ou jamais à celui de 2013», explique-t-il.
Se référant aux études des «plus grands» analystes, M. Attar a établi un pronostic sur les cours du pétrole dans les prochains mois, indiquant que «dans des conditions aussi incertaines, les prix du brut devraient atteindre une moyenne de 40 dollars le baril en 2020 et 50 à 60 dollars en 2021».
S’agissant de l’impact de ces fluctuations sur l’économie nationale et la capacité de l’Algérie à préserver ses équilibres financiers avec ce niveau de prix, M. Attar a souligné que le pays «peut et doit» survivre avec un baril à 60 dollars ou moins.
«A mon avis, il ne faut plus se poser ce genre de questions à l’avenir, et agir d’abord pour décider de ce que nous devons faire progressivement à court et moyen termes pour sortir de cette dépendance de la rente pétrolière», explique le ministre, tout en rappelant «l’objectif fixé par le président de la République et qui vise la réduction de 20% de cette dépendance à court terme».
Par ailleurs, le ministre de l’Énergie a déploré la surexploitation des gisements dont dispose le pays «depuis des décennies» sans la mise en place des opérations de rénovation.
M. Attar qui a souligné l’impératif de relancer la production déclinante d’hydrocarbures en Algérie, a reconnu que les plus grands gisements ont été malmenés depuis deux décennies par un soutirage accéléré, mais hélas non accompagné de mesures de conservation et de rénovation des techniques d’exploitation.
Le ministre a enchainé dans ce sillage pour affirmer que «cette situation est due essentiellement au retard dans la rénovation des techniques d’exploitation et à l’absence d’initiatives en matière d’amélioration des taux de récupération, d’une part, et de développement avec mise en production rapide des nouveaux gisements découverts même s’ils sont de petite taille, d’autre part».
M. Attar a indiqué que le suivi de l’état des puits en production et d’insuffisance du renouvellement des réserves ont fait défaut, assurant qu’à l’avenir, son département va avancer ses deux chantiers. «Ce sont deux chantiers importants que nous sommes décidés plus que jamais à faire avancer dans les meilleurs délais», insiste-t-il.
Le ministre a évoqué la promulgation de 43 décrets d’application de la nouvelle loi sur les hydrocarbures, assurant qu’il s’agit d’une démarche importante qui permettra le lancement d’une large campagne de promotion du partenariat aussi bien en amont qu’en aval.
Pour concrétiser cet objectif, 70 cadres de haut niveau ont été mobilisés par le ministère de l’Énergie. Ces cadres sont organisés au sein de 7 groupes de travail et un comité de pilotage, et qui ont pu préparer jusqu’à maintenant 25 décrets exécutifs alors que le reste devrait être finalisé avant la fin de l’année 2020, rappelle le ministre.
Interrogés sur les instructions du président de la République relatives à la réduction des dépenses de la Sonatrach, M. Attar a rassuré qu’elles n’auront pas d’impact sur les capacités d’investissement et d’exploration pétrolière et gazière de la compagnie.
Il s’agit «de supprimer les dépenses et les charges inutiles, (….) de réduire les coûts d’exploitation, (…) de privilégier l’intégration nationale, surtout en matière de sous-traitance dans tous les domaines, pour réduire les importations», a-t-il expliqué.
Dans ce cadre, le ministre a préconisé qu’il est nécessaire «de différer légèrement et à court terme les investissements qui n’ont aucun impact immédiat sur les capacités de production ou de valorisation, de privilégier le partenariat en matière d’exploration et de grands projets structurants pour alléger le poids en matière d’investissement sur la Sonatrach et de réorganiser et centrer les activités de la Sonatrach sur ses métiers de base, avec des règles d’éthiques universelles».
Samir Hamiche