vendredi , 18 septembre 2020

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Autres agendas

En ces temps tumultueux de l’histoire du monde arabe, la cause palestinienne qui est sensée être la première cause de tous ces pays et qui était le ciment qui les unissait, est en train de tomber dans l’oubli et même dans la trahison. Il faut dire que les priorités des leaders arabes, ont bien changé et ils sont plus préoccupés à s’entredéchirer et à se faire les guerres qu’à s’occuper des conditions des Palestiniens qui sont aujourd’hui bien obligés de faire face seuls à leur bourreau israélien. Pire encore, les grandes capitales arabes ne trouvent plus aucune gêne à s’aligner sur les positions israéliennes et ne se soucient plus que d’avoir la bénédiction de l’Amérique de Trump.
Les Arabes sont trop occupés à diviser la Libye, à armer Haftar ou el Serraj. Ils sont trop pris par les bombardements sur le Yémen ou à se chercher encore une place dans la Syrie que dessine les derniers soupirs d’une des plus sales guerres qu’a connues le monde en ce nouveau millénaire.
La Palestine on l’a laissé à l’administration américaine qui allonge les cadeaux les uns après les autres pour le cabinet de Netanyahu. Une politique dont la finalité ne laisse plus aucun doute, puisque l’objectif final est de dissoudre totalement le pays dans le grand Israël voulu par les pères fondateurs sionistes. Mais ceci n’inquiète pas outre mesure nos leaders qui sont trop obnubilés à imposer leur leadership à travers des guerres créées par leurs ennemis et entretenus par eux.
Même l’annexion de fait du Golan syrien par l’Etat hébreu, et sous la bénédiction de l’administration Trump, a été vite évacuée par les pays arabes qui n’ont pas été plus outrés que cela. C’est à peine s’ils n’avaient pas, eux aussi, apporté leur bénédiction à cette agression. Car, pour notre malheur d’aujourd’hui, on déteste plus el Assad que Netanyahu.
Oui, nous en sommes-là maintenant. Notre haine on la dirige vers nos nouveaux ennemis. Et nos nouveaux ennemis ce ne sont plus les Israéliens, mais nos frères arabes. Et pour ce, on consacre son argent et son influence à déstabiliser les pays arabes les uns après les autres. Alors dans ce nouvel échiquier des guerres ouvertes entre les Arabes, la question palestinienne n’a plus sa place. Elle n’intéresse personne. Elle dérange même certains dont les agendas sont calqués sur ceux d’Israël, le nouvel allié qui finira par dévorer tout le monde, le jour où les guerres interarabes auront fini par vider tous ces pays de leurs dernières énergies.

Par Abdelmadjid Blidi