lundi , 6 juillet 2020

Bannir le laxisme, les tricheries et la prédation…

En matière de développement local et de progrès social, l’ampleur des retards enregistrés et des déficits cumulés par la capitale de l’Ouest, prouve s’il le fallait, le désintérêt total, voire le mépris affiché par les barons du vieux système de gouvernance envers les besoins, les attentes et les ambitions partagées. A l’époque, l’impérative nécessité de préparer l’avenir des futures générations et de se projeter sur les enjeux à long terme, n’a jamais été réellement inscrite au cœur des objectifs et des motivations principales de bon nombre de gardiens du temple soucieux avant tout, de soigner leur carrière et de satisfaire leur soif de prédation. «Préparer l’avenir» était des décennies durant, pour un grand nombre d’acteurs, un simple slogan démagogique utile à l’entretien des illusions. Même au niveau local, rares, très rares étaient les décideurs qui s’engagent sincèrement, avec compétence et intégrité, dans la bataille pour le développement et la promotion de la collectivité locale sur tous les fronts économique, social, culturel ou sportif. Aujourd’hui, il suffit d’observer la lamentable régression dans certains secteurs de la vie collective pour comprendre l’ampleur du laxisme et l’incompétence qui régnaient dans les sphères de gestion et de décision. A Oran, peut-être un peu plus qu’ailleurs, le règne de la médiocratie a finalement permis à bon nombre d’énergumènes de s’installer en «élite sociale» présumée dans l’un des domaines, politique, médiatique, sportif, voire, économique et financier. Des domaines de l’activité collective le plus souvent désertés par les véritables intellectuels et les compétences crédibles marginalisées par le système. Fatalement, ni le sport, ni la Culture, ni les activités de service publics, ni la prise en charge sérieuse et efficace des projets, ni la maintenance urbaine, ni même le fonctionnement de certaines institutions locales ne répondent aux normes élémentaires de rigueur, de sérieux et d’efficacité. Sans vouloir nier le mérite de quelques personnalités intègres et crédibles qui, par leurs propres moyens et par leurs efforts, ont réussi à investir honnêtement des créneaux d’activité qu’ils maîtrisent avec sérieux et compétence. Il faut bien admettre que trop d’opportunistes prédateurs se retrouvent aujourd’hui faussement habillés du costume de «notable», d’Homme politique, ou «d’Homme d’affaire» présumé influent. Comment prétendre assurer le développement de la ville quand on doit «composer» avec une faune d’opérateurs-prédateurs qui, à partir d’une «micro-entreprise» ne disposant que d’une brouette et de deux ouvriers, s’estiment en droit d’obtenir des marchés de réalisation d’écoles ou de logements qui au final, restent à la traîne et sont truffées d’imperfections… Il serait temps d’assumer collectivement le devoir d’exigence et de bannir le laxisme, les tricheries et la prédation…
Par S.Benali