dimanche , 29 novembre 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Le pays ne vit pas une situation de 2e vague</span>:<br><span style='color:red;'>Benbouzid écarte le retour au confinement</span>

Le pays ne vit pas une situation de 2e vague:
Benbouzid écarte le retour au confinement

Le succès sur toute la ligne de l’Algérie dans la gestion de la Covid-19 n’empêche pas le ministre d’appeler la population à la vigilance, d’autant qu’avec la saison automnale et l’arrivée du froid,
le risque de «confusion» avec la grippe saisonnière est réel.

Excellent élève dans la gestion de la pandémie du coronavirus, l’Algérie affiche des chiffres « impressionnants», compte tenu des circonstances, mais également de son positionnement géographique. Le ministre de la Santé, Pr Abderrahmane Benbouzid, qui était hier l’invité d’une émission de la chaine 3 de la radio nationale, a confirmé cet état de fait et, partant écarté, tout retour au confinement pour certaines wilayas. Ainsi, alors qu’autour de nous les pays imposent des couvre feux dans une tentative de juguler les contaminations, l’Algérie exclut, pour le moment en tout cas, une 2ème vague de l’épidémie. «Nous n’allons pas décider de reconfiner à nouveau. Avec plus de 200 cas, nous sommes toujours dans une situation tout à fait admissible pour les épidémiologistes. Nous n’en sommes pas à des milliers de cas avec des foyers très denses et graves !», a affirmé le ministre. Sachant que la courbe épidémique est encore très loin de constituer un sérieux motif d’inquiétude, l’Etat n’envisage aucune mesure restrictive, puisque la situation n’a pas atteint un stade de «dangerosité, rien n’est, toutefois, écarté si un foyer éclot et qu’il y a risque de diffusion», soutient-il, tout en relevant que «le bon sens exigerait alors de revenir à un durcissement du confinement dans les régions les plus infectées».
Le Pr Benbouzid a quelque peu tempéré l’inquiétude de certains par rapport à la hausse des contaminations enregistrées ces derniers jours. Pour le ministre, cela ne veut pas dire que le pays est dans une logique de seconde vague de l’épidémie. «C’est trop tôt pour l’affirmer, la courbe est en train d’évoluer en dents de scie, et c’est cela les courbes des épidémies!», a-t-il explicité. Mais le constat général est que contrairement à ce qui se passe chez nos voisins, la pandémie est en recul, même si cela ne veut pas dire qu’on en a fini. «Le virus est mondial et a coûté la vie à des dizaines de milliers d’individus. Le risque est permanent et le relâchement est dans la nature humaine lorsqu’on croit que l’ennemi a baissé la garde. D’où le risque de développement, de temps à autre, de foyers qui vont éclore !», a insisté M.Benbouzid. Le ministre en a voulu pour preuve, les chiffres en yoyo que présentent des wilayas comme Sétif, Batna et Alger.
Cette quiétude pourrait être chamboulée à cause de l’agenda scolaire et cultuel. La rentrée des classes et la réouverture des mosquées peuvent induire une reprise des contaminations. A ce propos, le ministre a indiqué qu’il «faut bien reprendre et cohabiter avec ce virus, tout en maintenant la garde». Il soulignera dans la même foulée que la longue période de confinement a «affecté psychologiquement les enfants qui ont même perdu les réflexes d’écoliers». Mais en tout état de cause, pour réussir la rentrée scolaire, «le respect du protocole sanitaire dans les établissements scolaires», est incontournable.
Les structures sanitaires, ainsi que les institutions du pays sont à l’affût de la moindre aggravation significative de la pandémie et ils agiront en conséquence pour freiner une éventuelle reprise des contaminations avec les rentrées scolaires et universitaire. Ainsi, après 7 mois de cohabitation avec le coronavirus, les autorités savent désormais comment faire face. «Nous étions désarmés au début de l’épidémie, mais avons acquis une certaine expérience par la suite en développant des réflexes», a estimé le ministre, non sans mettre en exergue la disponibilité des stocks de traitements et de tests.
«En Algérie, nous dépistons suffisamment et, contrairement au début de la pandémie, ne viennent généralement aux hôpitaux que les malades présentant une symptomatologie et n’y sont hospitalisés que ceux présentant des risques d’aggravation», a-t-il insisté.
Le succès sur toute la ligne de l’Algérie dans la gestion de la Covid-19 n’empêche pas le ministre d’appeler la population à la vigilance, d’autant qu’avec la saison automnale et l’arrivée du froid, le risque de «confusion» avec la grippe saisonnière, est réel. «Tout est prêt pour le lancement de la campagne de vaccination», a-t-il assuré.
Nadera Belkacemi