mercredi , 28 octobre 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Manchester City-OL </span>:<br><span style='color:red;'>Bernardo Silva, chouchou de Guardiola et pourtant si perfectible</span>

Manchester City-OL :
Bernardo Silva, chouchou de Guardiola et pourtant si perfectible

Pep Guardiola ne cesse de lui tresser des lauriers, preuve qu’il est devenu un indispensable pour le technicien catalan. En un peu plus d’une saison à Manchester City, Bernardo Silva a changé de dimension. Mais l’ancien Monégasque affiche encore une affolante marge de progression. Zoom sur son évolution, avant la réception de l’Olympique Lyonnais en Ligue des champions ce mercredi (21h sur RMC Sport).

Ce sont finalement des retrouvailles que va s’offrir Bernardo Silva ce mercredi, pour le match de Ligue des champions entre Manchester City et l’Olympique Lyonnais (21h sur RMC Sport): celles du champion de France avec Monaco, parti s’épanouir en Angleterre, avec un ancien club de Ligue 1. Mais est-ce vraiment le même joueur qui fera face aux Lyonnais?
«Il mérite tout mon respect, en tant que professionnel, confiait un Pep Guardiola presque amoureux en conférence de presse samedi, après la victoire de City face à Fulham (3-0). On s’en aperçoit statistiquement, c’est le joueur qui a le plus couru. A chaque match, il court 11, 12, 13 kilomètres et toujours dans le bon tempo. Donc merci beaucoup à Manchester City d’avoir acheté ce gars à Monaco.»

«La deuxième saison est toujours meilleure»

Déjà quatre titularisations lors des cinq premières journées de Premier League pour celui qui a dû prendre son mal en patience avant de s’installer comme cadre de cette équipe. Arrivé pour près de 70 millions d’euros après la conquête de la Ligue 1 avec l’ASM, l’ailier portugais s’est astreint à une période d’adaptation indispensable, qui plus est pour un joueur de son gabarit, à ce championnat rugueux et intense. «La deuxième saison est toujours meilleure que la première, confie-t-il lui-même dans des propos relayés par le Manchester Evening News. C’est toujours difficile quand vous changez. Il faut vous adapter à la façon dont votre nouvelle équipe joue, à vos coéquipiers, au championnat, aux arbitres et j’ai acquis bien plus de confiance. Je me sens mieux avec l’équipe et j’espère faire mieux que l’an dernier.»
La saison dernière, Bernardo Silva avait inscrit six buts et délivré quatre passes décisives en 35 apparitions en Premier League. Des statistiques qui ne traduisent guère son apport dans le jeu, notamment son travail sans ballon. Cette saison, c’est un peu la même chose. Buteur face à Arsenal (2-0) lors de la première journée, l’ancien joueur de Benfica est pour l’instant discret côté chiffres.

Roi des kilomètres parcourus

Sur les cinq matches de Premier League, il n’a converti que 11% de ses tirs (1/9), adressé sept passes-clé (ce qui le place derrière David Silva et Sergio Agüero), réussi cinq dribbles (moins que Raheem Sterling, David Silva et Sergio Agüero). Pas dingue.
Mais quelle est donc ce truc en plus que lui trouve Pep Guardiola? Le jeu sans ballon et sa participation à la construction collective. Depuis le début de la saison, il a parcouru 48,02 kilomètres. C’est le troisième total le plus élevé à Manchester City derrière Aymeric Laporte et Fernandinho, qui ont joué plus de minutes que lui. Avec trois matches à plus de onze kilomètres (il est le seul joueur du club à l’avoir fait), dont un à plus de 12 bornes (là encore, seul joueur de City).
«La performance de Bernardo Silva était un chef d’œuvre, s’extasiait son manager après la victoire des Skyblues face à Chelsea dans le Community Shield. Tout le monde sait que les ailiers sont en compétition pour jouer. Mais pour l’instant, il y a Bernardo et 10 autres joueurs. Il est loin devant les autres donc c’est pourquoi, en ce moment, il joue. Il n’a peut-être pas joué autant qu’on le voulait, mais il a été génial. Il a une qualité incroyable, et se fond facilement dans le collectif et avec notre façon de jouer. Aussi longtemps que je serai le coach de Man City, il n’ira nulle part.»

«Techniquement, c’est un garçon surdoué»

Pour Emmanuel Petit, Bernardo Silva est l’archétype du joueur guardiolesque, dans l’activité, la finesse technique autant que dans ses déplacements. «L’année dernière était pour lui une saison de transition. Mais techniquement, c’est un garçon surdoué, estime le membre de la Dream Team RMC Sport. Donc même dans ses déplacements, il sent bien les choses, il a ce flair en permanence. Il colle parfaitement aux volontés de Pep Guardiola, c’est un joueur extrêmement talentueux. Il profite en plus de l’absence de Kevin De Bruyne, même si ce n’est pas tout à fait le même positionnement. Il peut jouer à plusieurs postes avec David Silva. Il est en train de faire son trou de plus en plus et je pense que Guardiola sait exactement quel joueur il a, même si c’est vrai qu’il doit progresser dans la finition.»
En l’absence de Kevin De Bruyne, touché au genou depuis le mois dernier et dont le retour pourrait se faire en novembre, Bernardo Silva devrait conserver son temps de jeu. Moins physique que le Belge, moins autoritaire aussi, le Portugais n’a pas (encore?) l’étoffe d’un chef d’orchestre. Mais il est le parfait soldat de Pep Guardiola. Et sa capacité à être perpétuellement en mouvement sera sans doute un cauchemar pour les hommes de Bruno Genesio.