lundi , 28 septembre 2020

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Bruits de bottes

Tous les indicateurs sont au rouge. Cette fois, la région du Moyen Orient risque de ne pas échapper à la guerre générale tant redoutée depuis des années déjà. L’assassinat par les forces américaines du général iranien Soleimani est loin de n’être qu’un simple motif de tension qui s’ajoute à tous les autres.
Les Iraniens riposteront à cette exécution. Il reste juste à savoir où, quand et comment. Mais la finalité ne fait plus aucun doute. Le président américain Donald Trump a cette fois, bel et bien, allumé la mèche que tout le monde craignait, et nous sommes en face d’un bouleversement majeur qui emportera tous les pays de la région dans un cycle de violence qui n’épargnera personne.
La légèreté de l’acte, quelque soient les causes invoquées par l’administration américaine après coup, ne pourra rien changer au fond de ce problème qui couvait depuis l’arrivée de Donald Trump aux affaires. D’ailleurs, à l’intérieur même de l’Amérique, tout le monde ne soutient pas la décision du président et beaucoup de politiques américains y voient ici une erreur aux conséquences désastreuses pour leur pays.
Et même si Pompeo voudrait faire croire que l’acte participerait à la désescalade de la tension, personne n’y croit vraiment. D’ailleurs pour beaucoup c’est presque irréaliste l’analyse faite par le secrétaire d’Etat américain. Les Américains ont tout simplement ouvert la boite à pandore et ils doivent aujourd’hui, au delà des déclarations et des menaces guerrières de leur président, savoir que cet acte perpétré contre l’un des plus hauts gradés de l’armée iranienne est une erreur qu’il n’aurait, peut être, pas été intelligent de commettre.
En Irak comme en Iran, les Américains ne sont plus les bienvenus et cela ne tardera pas à leur être signifié de la manière la plus violente qui soit. Mais encore plus que cela, ce sont tous les pays de la région à commencer par l’Arabie Saoudite et Israël qui se retrouveront au devant de la scène et des développements qui ne manqueront pas de secouer tout le Moyen Orient.
Autant dire que nous sommes bien à la veille d’un scénario craint depuis un bon moment déjà et qui cette fois semble si proche de se manifester avec bruits de bottes et de bombes.
Le pire reste bien le premier élément posé sur la table. La région et le monde n’avaient pas besoin de cela, mais nous nous y dirigeons tout droit. Jusqu’où peut aller cette folie ? Bien malin celui qui peut apporter une réponse définitive aujourd’hui.
Par Abdelmadjid Blidi