jeudi , 25 février 2021
<span style='text-decoration: underline;'>...</span>:<br><span style='color:red;'>Ça y est, la Fifa a trouvé la solution miracle pour éradiquer la corruption</span>
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Ça y est, la Fifa a trouvé la solution miracle pour éradiquer la corruption

Arrivé à la tête de la Fifa sur les cendres d’une période Sepp Blatter remplie de zones d’ombre, Gianni Infantino avait promis d’en faire une «organisation transparente» et «honnête». Mais de nouveaux ajouts dans le code éthique de l’organisation mondiale du football semblent aller dans le sens inverse. Explications.

«La nouvelle Fifa est une démocratie, pas une dictature. C’est une organisation transparente, profondément honnête.» Les mots de Gianni Infantino, président de l’organisation mondiale du football, aux membres de la Fifa en 2017 n’étaient donc que des mots. La preuve dans les détails du nouveau code éthique de l’organisation étudiés par l’agence AP. Qui montrent tout sauf un hymne à la transparence.
Première découverte? Une nouvelle infraction a été ajoutée: la diffamation. «Les personnes concernées par ce code sont interdits de déclaration publique de nature diffamatoire à l’encontre de la Fifa ou de ses représentants», précise la section 22.2 du nouveau code. Les sanctions pourront aller jusqu’à deux ans d’interdiction de toute activité liée au football et jusqu’à cinq ans en cas de récidive pour des «affaires sérieuses».
Si une commission indépendante sera chargée de juger chaque cas, cette nouveauté ouvre la porte à l’organisation pour punir tous ceux qui s’élèveraient publiquement contre ses méthodes sans pouvoir fournir de preuves irréfutables. «Cela va faire taire les critiques, s’emporte Alexandra Wrage, ancienne membre du comité de gouvernance de la Fifa, auprès de l’agence de presse. Toutes les organisations bien gouvernées incitent à la transparence mais la Fifa prend l’approche autoritariste de dire que les gens doivent se taire. La Fifa devra prouver que les critiques sont de fausses déclarations, de la véritable diffamation, mais l’avantage pour la Fifa est que cela fera plus hésiter les critiques à prendre la parole.»
Une manière de pouvoir mettre la poussière sous le tapis? Sans doute. Tout comme une autre nouveauté du code. La version 2012 évoquait des «poursuites pour pots-de-vin et corruption» sans «période de limitation». Bref, même 30 ans après, on pouvait vous rattraper pour vos magouilles. Plus maintenant, la section 12.1 du nouveau code précisant que «les pots-de-vin, le détournement de fonds et la manipulation de matches ou de compétitions ne seront plus poursuivis après une période de dix ans».
Il suffira donc de manier le «pas vu, pas pris» de façon à éviter d’être découvert pendant une décennie pour pouvoir corrompre sans souci… Les procureurs chargés de rendre la justice autour de ce code éthique de la Fifa n’auront également plus que cinq ans – contre le double auparavant – pour boucler leurs affaires.
Maria Claudia Rojas, «patronne» de ces derniers, pourra également négocier avec les accusés pour résoudre les affaires ne concernant pas les pots-de-vin, le détournement de fonds ou le truquage de matches, rajoutant une couche de secret sur les décisions autour de ce code. Autant de nouvelles mesures basées sur des propositions du… le comité éthique de la Fifa! Une «organisation transparente» et «profondément honnête», vraiment, Gianni?