dimanche , 14 août 2022
<span style='text-decoration: underline;'>Le président Tebboune prête serment</span>:<br><span style='color:red;'>Cap vers la «Nouvelle République»</span>

Le président Tebboune prête serment:
Cap vers la «Nouvelle République»

Pour marquer la symbolique de la nouvelle République, M. Tebboune a demandé à ce que sa fonction ne soit plus associée au qualificatif «Fakhamatouhou» (Son Excellence), par lequel était désigné l’ancien président, mais qu’il soit simplement appelé «Monsieur le Président».

Le nouveau président de la République a, dans son discours d’investiture, tracé une stratégie, désigné un cap et annoncé l’objectif final de la démarche : la nouvelle République. Abdelmadjid Tebboune a déployé une batterie de mesures, de décisions et d’initiatives nécessaires pour parvenir au but assigné. Aucun secteur n’a échappé à son analyse, de sorte que l’on est amené à considérer que la nouvelle République n’est pas seulement des réformes politiques, mais un ensemble cohérent qui parle à tous les Algériens sans exclusif.
Dans son discours, le nouveau président de la République a donné cette impression nette qu’il sera durant sa mandature le président de tous les citoyens du pays. Il n’omettra pas de saluer le «sursaut national» qui s’est manifesté à l’occasion de l’élection présidentielle du 12 décembre, évitant de mettre en péril la pérennité de l’Etat, ainsi que le «grand rôle» assumé par l’ANP dans la défense de la souveraineté nationale, la sauvegarde de la stabilité du pays et l’accompagnement du Hirak. Ainsi, le chef de l’Etat a appelé à l’unité de tous, quelles que soient les divergences, et à mettre la main dans la main pour construire la «Nouvelle République, forte et respectée», sur la base des principes de la Révolution de Novembre 54 qui est «notre référent». Pour M. Tebboune, l’Algérie avait besoin d’établir des priorités. Dans ce contexte, il a affirmé que l’Etat sera à l’écoute des «aspirations profondes» du peuple, notamment pour une «nouvelle gouvernance, l’Etat de droit, la justice sociale et les libertés démocratiques». Il a considéré, dans son discours, toute l’importance pour le pays de
relever les défis qui se posent. Cela passe, dira-t-il, par le retour de la confiance du peuple en les institutions de l’Etat devant être rétablie. Parmi les points figurant sur sa feuille de route, le président de la République a cité la lutte «organisée» contre la corruption et l’esprit de distribution «anarchique» de la rente.
Cela étant, le chef de l’Etat souligne l’urgence d’amender la Constitution, comme l’un des piliers de la nouvelle République. L’on apprendra que les contours de la nouvelle loi fondamentale porteront sur la limitation du renouvellement du mandat présidentiel à une seule fois, la réduction des prérogatives du Président pour prévenir les dérives autocratiques, la séparation et l’équilibre des pouvoirs et la consécration de la protection des droits de l’Homme, des libertés individuels, collectives, de la presse et de manifestation. Cela ne suffit pas à ses yeux, puisqu’il préconise de moraliser la vie politique et de restituer la crédibilité aux institutions élues à travers la révision de la loi électorale, notamment les conditions relatives à l’éligibilité.
Ces deux piliers de la nouvelle République ne constituent pas à eux seuls la panacée. Et pour cause, dans le concept, le chef de l’Etat met une refonte du système fiscal et la promotion des énergies renouvelables. Il a adressé un appel «sincère» aux hommes d’affaires et aux chefs d’entreprises à investir «avec force» pour développer et diversifier l’économie, les assurant de son plein soutien. Et même ce nouveau deal avec la sphère économique n’est pas suffisant pour refonder la République. Il a adressé un message clair aux couches sociales défavorisées en promettant la fin de la crise du logement, le relèvement du SNMG, la défiscalisation des salaires de 30.000 Da. Bref personne ne sera mis en marge de la nouvelle République, telle que proposé par le nouveau président de la République.
Cela au plan interne. Sur les questions de la politique étrangère, il a mis en exergue les fondamentaux de la diplomatie algérienne. Le Sahara occidental, la Palestine et la non-ingérence dans les affaires internes des pays, demeurera la trame directrice du mandat présidentiel de Abdelmadhjid Tebboune. En fin et pour marquer la symbolique de la nouvelle République, M. Tebboune a demandé à ce que sa fonction ne soit plus associée au qualificatif «Fakhamatouhou» (Son Excellence), par lequel était désigné l’ancien président, mais qu’il soit simplement appelé «Monsieur le Président». Premier acte de la nouvelle République, mais certainement pas le dernier. Le chemin à parcourir reste encore long.
Yahia Bourit