vendredi , 18 juin 2021
<span style='text-decoration: underline;'>Investissement et relance économique</span>:<br><span style='color:red;'>Ce que le patronat attend des futurs députés</span>
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Investissement et relance économique:
Ce que le patronat attend des futurs députés

Les organisations patronales attendent des futurs élus qui siégeront prochainement à l’Assemblée populaire nationale (APN), à l’issue des élections législatives du 12 juin courant, d’apporter leur contribution dans les volets investissement et relance économique.

Ce que le patronat espère des futurs députés a été résumé, hier, par Sami Agli, président de la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC), lors de son passage à l’émission «L’invité de la Rédaction» de la Radio nationale. Alors que les candidats indépendants et ceux affiliés aux partis politiques, durant les 20 jours de campagne électorale qui a pris fin hier, ont annoncé plusieurs mesures pour relancer l’économie nationale, le président du CAPC a détaillé des mesures attendues en matière de réglementation qui attire les investisseurs. «Nous attendons une réglementation claire qui rende l’investissement attractif et non pas répulsif, une réglementation qui permette réellement de créer de la richesse pour les Algériens mais aussi, ouverte aux étrangers», a-t-il déclaré.
Pour ce qui est des effets dévastateurs de la pandémie du coronavirus sur l’économie, M. Agli a souligné l’impératif de trouver des solutions pour soutenir les PME (Petites ou moyennes entreprises) et les TPE (Très petites entreprises). Les dispositions attendues auront l’objectif de soutenir les PME et les TPE afin de préserver l’emploi. «Le tissu des entreprises en Algérie est à 95% constitué de PME et de TPE qui n’ont pas les moyens pour faire face à la crise économique. L’impact est clair : c’est la perte des emplois», a déclaré le président de la CAPC.
Pour soutenir les entreprises, l’intervenant appelle à la mobilisation pour préserver les emplois, un objectif qui permettra de soutenir le pouvoir d’achat. «Il faut se mobiliser pour préserver les emplois et en conséquence préserver le pouvoir d’achat et la consommation. L’objectif est d’arriver à une justice sociale», a-t-il suggéré. Parmi les solutions proposées par l’intervenant pour soutenir les entreprises en dépit d’une crise économique qui sévit encore, il a proposé de chercher des financements à l’étranger. Pour que ce moyen de financement soit réalisable, les lois doivent être amendées pour ouvrir la voie aux investisseurs de recours à cette solution. «Il faudrait adapter nos lois pour permettre aux investisseurs d’aller chercher des financements à l’étranger (…) pour ne pas devoir revenir vers le FMI qui touche à la souveraineté du pays. C’est une ligne rouge. Le risque doit être pris par le chef d’entreprise», a-t-il soutenu.
Par ailleurs, M. Agli a affirmé que les entreprises doivent s’internationaliser, précisant qu’en plus de l’exportation de leurs produits, elles doivent y être présentes à l’étranger. Pour lui, il s’agit d’un autre défi que doivent relever les entreprises nationales. « L’autre défi qui nous attend, c’est l’internationalisation de nos entreprises. Il ne faut pas se contenter de l’exportation qui se limite à une opération commerciale. Il faudrait que les entreprises algériennes puissent être présentes à l’étranger et qu’elles puissent tirer profit de la croissance ailleurs, notamment sur le marché africain que tous les pays du monde convoitent aujourd’hui.», a-t-il déclaré sur la chaîne III. Ce défi constitue pour les entreprises une obligation et non un choix, affirme M. Agli. «Il faut pouvoir le faire avec éthique, dans la transparence et de manière légale», a-t-il déclaré.
S’agissant du rôle «primordial» des futurs députés en ce qui concerne le soutien à l’économie et aux entreprises, l’intervenant a affirmé que «les députés auront un rôle historique car ils devront légiférer pour assainir la situation et coller à la réalité qu’impose la mondialisation de l’économie».
Par ailleurs, le président de la CAPC a cité un autre problème rencontré par les investisseurs et les opérateurs économiques. Il s’agit des difficultés de l’accès au foncier industriel, un problème qui remonte à plus de 15 mois.
«C’est l’incompréhension totale parmi les acteurs économiques. Ils ne comprennent pas pourquoi ils ne peuvent pas déposer un dossier d’investissement depuis plus de 15 mois. Peu importe son appellation : Calpiref, agence nationale ou autres, il faut reprendre l’étude des dossiers d’investissement au niveau des wilayas», a-t-il suggéré.
Samir Hamiche