vendredi , 27 novembre 2020

Cellules, comités, commissions: Une manière de gérer les échecs

Selon une source citée par un journal local, «on apprend qu’une commission de wilaya a été mise en place pour coordonner et superviser la restauration des immeubles anciens du centre-ville». Pour ceux qui suivent de près ce dossier inscrit depuis des lustres aux instances des affaires locales, l’information aurait de quoi surprendre, tant elle remet sur la table bon nombre d’interrogations sur le douloureux échec de la politique locale de gestion du parc immobilier de la Wilaya. Selon cette information, cette nouvelle commission chargée de la restauration du vieux bâti au centre ville a été mise en place par l’ancien Wali en poste, adepte de la stratégie de gestion par des cellules, des groupes spécialisés ou des commissions rassemblant tous les acteurs, même les moins concernés par le sujet. Cette nouvelle commission, nous dit-on cette fois, a pour mission de «rattraper le retard accusé dans l’opération de restauration du vieux bâti au centre-ville, notamment au niveau des artères «Larbi Ben M’hidi», «Mohamed Khemisti», «Maata Mohamed El-Habib» et «Emir Abdelkader». Ce qui confirme, s’il le fallait, l’ampleur des retards et des carences cumulés en matière de restauration du patrimoine immobilier ancien. Mais en quoi une nouvelle commission installée à cet effet serait en mesure de répondre efficacement à cette mission, là où d’autres commissions plus anciennes ont lamentablement échoué. Car il faut savoir qu’en matière de rénovation et de réhabilitation du vieux bâti, des édifices architecturaux les plus célèbres, des anciens sites et monuments historiques, et de bien d’autres volets de gestion de la maintenance urbaine et de la valorisation de l’image de la Cité, l’échec, par la culture des médiocres tâtonnements, a toujours été au rendez-vous. Bien d’autres anciens walis avaient eux aussi installé des commissions de suivi des opérations de restauration du vieux bâti, sans toutefois parvenir à lever les contraintes multiples imposées par un appareil bureaucratique difficile à contourner. Et à cela, s’ajoute aujourd’hui les effets d’un laxisme contagieux, qui ouvre souvent la porte aux mensonges à répétition et à l’éloge de la médiocrité, au lieu de sévères sanctions à l’encontre des auteurs des défaillances et des tricheries commises encore dans l’impunité. L’argent dépensé pour les opérations de restauration des immeubles du centre ville, incluant les montants consacrés aux études techniques, mériterait d’être … «analysé» de plus près.
Par S.Benali