samedi , 17 avril 2021
<span style='text-decoration: underline;'>Le trou de la Caisse dépassera les 600 milliards de DA en 2019</span>:<br><span style='color:red;'>Ces retraites qui coûtent cher à l’Etat</span>
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Le trou de la Caisse dépassera les 600 milliards de DA en 2019:
Ces retraites qui coûtent cher à l’Etat

Le grand déséquilibre des finances est lié à la gestion du marché de l’emploi où, visiblement, le monde du travail ne suit pas la loi sur les retraites. On en veut pour preuve les hausses importantes de salaire depuis l’année 2012 qui ont sérieusement impacté les pensions de retraites. Elles sont devenues assez importantes de manière assez brutale. Un état de fait qui aggrave d’année en année le déficit.

La Caisse nationale des retraites verra sa situation financière se compliquer en 2019. Le déficit qui est actuellement de 560 milliards de Dinars, brisera la barre symbolique des 600 milliards pour l’année prochaine. Le Dg la CNR, Slimane Melouka, qui a fait cette révélation à l’Aps, à l’occasion d’un entretien, n’affiche pas une mine optimiste, bien au contraire. «Avec des dépenses de plus de 1.200 milliards de DA à la fin de l’année en cours, la CNR accusera un déficit de l’ordre de 560 milliards de DA à la fin de l’année 2018 et qui dépassera les 600 milliards de DA en 2019, selon les données prévisionnelles et compte tenu de la conjoncture actuelle», informe M.Melouka, soulignant par la même, la complexité d’une situation de faillite certaine, n’était-ce le coup de pouce du gouvernement qui est venu à la rescousse en comblant le déficit sur deux années de suite. L’état déplorable des finances de la caisse est directement lié à la faiblesse du nombre de cotisants pour parvenir à l’équilibre des comptes. Il faut savoir, que le nombre de retraités est en progression constante ces dernières années, boosté par de très nombreux départs en retraite anticipée. En sortant en retraite, on cesse de cotiser pour devenir pensionnaire. Il se trouve que les travailleurs actifs, censés soutenir les finances de la CNR, par leur cotisation, sont en nombre constant. «L’équilibre financier de la caisse nécessite 5 cotisants pour 1 retraité, contrairement à ce qui est enregistré actuellement» qui est de 2 cotisants pour 1 retraité, rappelle M.Melouka.
Ceci expliquant cela, le grand déséquilibre des finances est lié à la gestion du marché de l’emploi où, visiblement, le monde du travail ne suit pas la loi sur les retraites. On en veut pour preuve les hausses importantes de salaires depuis l’année 2012 qui ont sérieusement impacté les pensions de retraites. Elles sont devenues assez importantes de manière assez brutale. Un état de fait qui aggrave d’année en année le déficit.
L’option retenue par l’exécutif pour pallier audit déséquilibre, a consisté en un prêt à long terme et à taux bonifié accordé par le Fonds national d’Investissement (FNI) à la CNR. «Cette action a été inscrite pour pouvoir répondre aux besoins de la Caisse en fonction du déficit prévisionnel pour l’année prochaine», explique le DG, notant que le montant des crédits n’a pas été fixé pour permettre à la CNR «d’exprimer, à partir de janvier prochain et d’une manière objective, ses besoins financiers en fonction de la réalité du terrain». Cela revient à dire que le gouvernement a pris la résolution de soutenir la CNR quoi qu’il advienne. La procédure ressemble à l’établissement d’un chèque à blanc au profit de la Caisse.
Cette volonté de soutenir les retraités, relève, à n’en pas douter, d’une conviction politique au plus haut niveau de l’Etat qu’un probable effondrement du système provoquerait une onde de choc insoupçonnable.
La solution viendrait prioritairement d’une grande dynamique dans la création d’emploi, mais également d’une réforme de la loi sur les retraites. Combinées, les deux mesures peuvent amener un équilibre à la CNR.
En attendant, le DG ne compte pas beaucoup sur l’amendement approuvé par l’Assemblée populaire nationale (APN), accordant aux membres de la communauté algérienne établie à l’étranger et ceux qui exercent une activité professionnelle, la possibilité de s’affilier au système national de retraites.
Il soulignera que cette affiliation est «volontaire», ensuite, cela répond à un «besoin exprimé par notre communauté», notamment, «les Algériens résidant dans des pays dépourvus de système de retraite» note-t-il.
Alger: Smaïl Daoudi