mardi , 4 août 2020

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C’est parti !

Ils étaient donc vingt deux postulants à la présidentielle du 12 décembre prochain, ce samedi minuit, à déposer leurs dossiers de candidature auprès de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE). Vingt deux à avoir réussi la difficile collecte des 50 000 signatures, alors qu’ils étaient 147 postulants à avoir procédé au retrait des formulaires de souscription des signatures individuelles. Autrement dit, 125 ont échoué en cours de route et n’ont pas pu avoir ces fameuses signatures.
Mais ce n’est là qu’une première étape, car l’ANIE devra maintenant se pencher sur les dossiers des 22 candidats déclarés, et devra rendre son verdict dans les dix jours à venir comme stipulé par la loi. Autrement dit, il est fort à parier que d’autres candidats seront exclus de la course pour ne laisser en place que les plus coriaces et les mieux structurés d’entre eux.
Quoi qu’il en advienne, nous sommes bien au début d’un processus électoral qui n’a rien à voir avec celui du 4 juillet qui est mort-né dés le début. Cette fois, ce sont des poids lourds de la scène politique qui s’engagent dans la bataille. Ils ont l’expérience et surtout connaissent les arcanes du pouvoir algérien et savent très bien comment se préparer à une course aussi importante que celle vers le palais d’El Mouradia.
Ils savent aussi, comme l’ont encore une fois répété certains d’entre eux après le dépôt de leurs dossiers, que la sortie de crise ne peut venir que du retour à la légalité institutionnelle et constitutionnelle, qui passe obligatoirement par l’organisation de l’élection présidentielle et l’impératif de donner au peuple le droit de choisir les hommes qui auront à gérer la très délicate période qui attend le pays.
L’histoire quasi en directe que nous vivons depuis prés de neuf mois, n’a pas fini de nous révéler toutes ses surprises et ses bégaiements. Il faut reconnaître qu’aujourd’hui, la société algérienne est divisée et que nous sommes bien loin de tirer tous vers la même direction. Un état de fait qui a de quoi inquiéter si demain le pays ne se dote pas d’un président à la hauteur des grands défis qui se posent aujourd’hui à l’Algérie. D’un président démocratiquement élu et capable de parler au nom de cette majorité qui l’a hissée à la plus haute fonction du pays. Car en démocratie on est élu par la force de la majorité certes, mais on doit servir tout le peuple y compris ceux qui ne partagent pas nos idées ni nos visions. Ce sera peut être là, la première grande tâche à laquelle doit s’atteler le futur président de la République.

Par Abdelmadjid Blidi