vendredi , 27 mai 2022
<span style='text-decoration: underline;'>Lamamra à CNN sur la rupture des relations avec le Maroc</span>:<br><span style='color:red;'>«C’était message approprié au gouvernement du Maroc»</span>

Lamamra à CNN sur la rupture des relations avec le Maroc:
«C’était message approprié au gouvernement du Maroc»

Le ministre a mis sur la balance de la décision souveraine de l’Algérie, le soutien affiché par l’ambassadeur du Maroc à l’ONU, en juillet dernier, à une prétendue volonté d’indépendance de la Kabylie. Le poids de cet affront pesait d’autant plus lourd que la demande d’explication de l’Algérie aux autorités marocaines était restée lettre morte.

La rupture des relations avec le Maroc était inéluctable. C’est la conviction du ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra. Dans un entretien accordé à la chaîne de télévision américaine CNN, le ministre a évoqué cet épisode de la vie de la nation sous le prisme d’une décision que l’Algérie devait prendre afin d’envoyer le «message approprié». Le destinataire dudit message s’est illustré par «des actes hostiles à la souveraineté et à l’unité de l’Algérie», a expliqué le chef de la diplomatie algérienne. «L’Algérie a été extraordinairement patiente face à tous les actes que le Maroc a commis contre sa souveraineté et son unité. C’est pour cela que nous pensons qu’une telle décision (la rupture des relations) a envoyé le message approprié au gouvernement du Maroc pour lui signifier que nous ne pouvions nous permettre d’accepter davantage le comportement de ce pays voisin», a indiqué M.Lamamra , relevant à juste titre que la décision de rompre les relations diplomatiques avec le Maroc était «une manière civilisée de mettre un terme à une situation qui ne pouvait durer davantage sans causer de dommages et qui risquait de mener les deux pays vers une voie non souhaitable».
Retenir que la décision algérienne visait à éviter un conflit ouvert avec Rabat. Le ministre a mis sur la balance de la décision souveraine de l’Algérie, le soutien affiché par l’ambassadeur du Maroc à l’ONU, en juillet dernier, à une prétendue volonté d’indépendance de la Kabylie.
Le poids de cet affront pesait d’autant plus lourd que la demande d’explication de l’Algérie aux autorités marocaines était restée lettre morte.
«Le gouvernement algérien devait prendre une décision souveraine», a insisté le ministre, estimant que «dans une situation de ce genre, deux Etats ne pouvaient continuer à entretenir des relations diplomatiques». Il soulignera le caractère «anormal» de la situation créée par le Maroc «qui devait cesser de toute façon».
Sur le dossier libyen et en répliquant à une fausse accusation qui insinue qu’ Alger ne serait pas un intermédiaire honnête, le ministre des Affaire étrangère a affirmé que ces allégations étaient fausses. «L’Algérie ne soutient aucune partie en Libye à l’exception du peuple libyen lui-même» a déclaré le chef de la diplomatie algérienne. «S’il y a un pays dans la région qui est à équidistance de tous les (protagonistes) en Libye c’est précisément l’Algérie, donc j’estime que cela doit être corrigé», a-t-il ajouté.
Concernant le rôle que joue l’Algérie dans le dossier du barrage éthiopien de la Renaissance qui a créé un conflit avec le Soudan et l’Egypte, Ramtane Lamamra a déclaré à la chaîne que «beaucoup de parties contribuent à régler ce problème incluant les parties concernées elles-mêmes. L’Algérie apporte sa contribution à cet effort en faisant en sorte d’instaurer la confiance entre les pays concernés et en les aidant à surmonter un certain nombre de blocages psychologiques». En diplomate aguerri, il mettra en avant son optimisme dans le règlement du conflit , arguant que «toutes les parties sont engagées à régler ce problème. L’UA est en train d’aider à sa résolution ainsi que la communauté internationale qui espère, je le pense, que les trois pays concernés surmontent les derniers obstacles». L’Egypte et le Soudan négocient depuis dix ans, sans succès, avec l’Ethiopie les modalités de gestion et de remplissage du réservoir du Grand barrage de la Renaissance (Gerd), qu’Addis Abeba juge indispensable au développement de ses infrastructures énergétiques. L’Egypte dépend du Nil pour environ 97% de ses besoins en eau, y compris pour son agriculture et considère le barrage comme «une menace existentielle». Le Soudan espère que le barrage va réguler ses crues annuelles, mais craint des effets néfastes sans accord. C’est dire la complexité du dossier et l’immensité de la tâche de Ramatane Lamamra dans ce dossier.
Anissa Mesdouf

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