jeudi , 22 octobre 2020

Ceux qui garnissent les strapontins du pouvoir local

Dans un récent entretien accordé à un journal de la presse locale, le Maire intérimaire de la commune d’El Kerma, a qualifié l’état des lieux de cette collectivité locale «d’inadmissible et désolant». Evoquant la première réunion tenue avec le staff et les élus de l’APC, le responsable installé à la tête de la Mairie, a dénoncé les «déficits dans tous les domaines», notamment le manque flagrant «d’infrastructures concernant les volets culturel, sportif, administratif et autres». «La commune d’El Kerma, a-t-il indiqué, est dépourvue de Maison de jeunes, de centre culturel et de salle omnisports pouvant abriter différentes activités sportives. Mais paradoxalement, il souligne que «des équipes de différentes disciplines existent, mais n’ont pas des espaces et autres terrains pour s’entraîner». Citant les quelques actions prioritaires engagées par l’équipe municipale, le responsable intérimaire a mis l’accent sur l’alimentation en gaz de ville de quelques bourgades en attente depuis longtemps, notamment au niveau de la localité d’El-Hamoul. Invité à répondre sur bon nombre d’autres dossiers liés au développement de la Commune, le Maire en poste, n’a pas réussi à trouver un seul registre pouvant susciter un brin de satisfaction. Un vide sidéral et une régression avancée qui suscitent des questionnements sur la nature et le rôle de ces assemblées locales défaillantes. El Kerma, connu on le sait pour le grand marché de gros de fruits et légumes implanté après la démolition des halles centrales d’Oran, est bien loin de devenir ce «carrefour économique» annoncé pompeusement il y a quelques années par un ancien Wali devenu ministre de la République. Mais ce qui peut être encore plus choquant, est le fait de constater que des «équipes sportives» et des «associations actives», occupant des espaces dans une présumée bibliothèque municipale, sont ici plutôt nombreuses, créées au gré des élus de passage à la tête de la municipalité. Quel est le bilan et le résultat de leurs agitations récurrentes qui ne servent au final qu’à engranger des subventions et à garnir les strapontins du pouvoir local ? Un peu à l’image de la grande ville d’Oran, El Kerma, comme toutes les bourgades périphériques, ne cessent de cumuler les retards et les déficits en termes d’amélioration du cadre urbain et de renforcement du réseau d’animation culturelle et sportive. Une régression, loin d’être féconde, qui ne cesse de semer le doute et les interrogations sur les capacités d’un système à pouvoir s’engager dans une stratégie de progrès et de modernité tant souhaitée.

Par S.Benali