mercredi , 5 août 2020

:
Changer la courbe au plus vite

Après avoir dépassé la barre des 300, des 400 et des 500, le nombre des contaminations au Covid-19 a dépassé ce samedi la barre des 600 en Algérie. Une courbe ascendante qui se confirme chaque jour et bien évidemment inquiète et fait redouter les scénarios les plus sombres.
Mais le nombre de 600 cas ou même de 1000 reste relatif, car le vrai danger c’est la capacité de notre système de santé à faire face au flux des malades. La grande interrogation concerne en effet la capacité de nos hôpitaux à résister face à cette courbe et le temps qu’ils mettront avant d’arriver à une saturation totale. C’est ce moment fatidique qui est à craindre, car cela signifie l’incapacité totale à soigner les malades et c’est surtout le début du dérèglement total de toute la machine hospitalière et l’incapacité à remédier aux plus bénins des cas.
Car un tel dérèglement signifiera surtout le trop plein pour un personnel médical sur le pont, sans aucun répit, depuis plus de 5 mois et qui est aujourd’hui au plus haut de la fatigue, éreinté et à bout de nerfs. Il faut dire que les médecins, les soignants, les ambulanciers, infirmiers et autres sont soumis à une cadence de travail infernale à laquelle s’ajoutent des dérèglements de gestion qui ne font que compliquer les choses de manière criarde.
Mais plus que tout cela, ce qui reste insupportable c’est bien le comportement coupable de certains citoyens qui refusent de se soumettre aux recommandations des scientifiques et de respecter les gestes barrières entre distanciation physique et port du masque. Plus grave aussi et plus condamnable encore, beaucoup continuent de vivre dans l’insouciance totale, célébrant les fêtes et les mariages dans un défi inexplicable et condamnable à tous points de vue.
Difficile dans ce cas de voir la courbe changer et redescendre, ne serait-ce que de quelques dizaines de cas. Car tant que la chaîne de contamination continue sur ce rythme sans aucune ébauche d’un début de renversement de la situation actuelle, il devient difficile de voir le tableau autrement que noir et menaçant.
Et même si l’Algérie n’est pas seule dans cette situation de reprise de cas de contamination, puisque l’Europe vit quasiment
la même situation, il n’en demeure pas moins, que notre pays, avec un peu de prise de conscience et de responsabilité des citoyens, peut s’économiser une crise sanitaire majeure. Et plus tôt on s’y mettra et mieux cela sera.
Par Abdelmadjid Blidi