mardi , 19 octobre 2021

Clochardisation et régression avancée…

Le wali d’Oran Said Saayoud a effectué lundi dernier une visite d’inspection des travaux en cours au au complexe sportif de Belgaid. Ce grand projet d’infrastructures devant abriter les jeux méditerranéens 2022, est depuis quelques temps au cœur des préoccupations, et du suivi attentif des responsables à tous les niveaux, inquiets des risques de retards dans la livraison du projet. Après la dernière visite du Premier ministre à Oran, la rencontre du ministre de l’Habitat avec l’ambassadeur de Chine, et les engagements de l’entreprise chinoise a accélérer le rythme des travaux après règlement de toutes les contraintes financières soulevées depuis près de quatre ans, il semble que le chantier reprend des couleurs de dynamisme avec un renforcement des équipes d’ouvriers et de la cadence des travaux. «Je vois là un chantier qui n’est plus celui que nous avons visité lors de nos derniers déplacements» a indiqué le wali d’Oran, visiblement satisfait de ce regain d’activité bien visible sur le site des travaux. Le premier responsable local a tenu à rappeler que «le suivi quotidien des travaux se poursuivra jusqu’à la réception de ce projet avant la fin de l’année en cours comme ont affirmé les hautes autorités de l’État». Lors de sa dernière visite au nouveau complexe sportif, le Premier ministre Aimene Benaderahmane avait fermement annoncé que toutes les infrastructures sportives doivent être réceptionnées le 31 décembre prochain. Au-delà de ce projet en cours de finition, le Premier ministre avait même indiqué que désormais plus aucune forme de retard ou de laxisme dans la réalisation et le suivi d’un projet ne sera admise ni tolérée. On ne peut évidemment qu’applaudir ces annonces et décisions visant à instaurer la rigueur et le professionnalisme dans les études de maturation et la conduite des chantiers de réalisation dans les normes et les délais initialement fixés par les cahiers de charge. Néanmoins, bon nombre d’observateurs se demandent comment ces instructions pour un changement des pratiques de gestion des projets pourraient se concrétiser au niveau local où la scène reste très encombrée par les improvisations, les retards, les reports de délais et parfois les dérives constatées dans la réalisation d’opérations d’aménagement, de réhabilitation ou de maintenance souvent annoncées depuis des années et qui n’ont encore jamais démarré. Pour illustrer le propos, citons dans le désordre le projet de réhabilitation de la rue et du marché des Aurès, ex-la Bastille, la restauration du Palais du Bey et de la Mosquée du Pacha, la rénovation en cours du Grand Hotel, ou encore l’embellissement du cadre urbain dans bon nombre de quartiers et de grandes cités d’habitat, telle que les Hlm/Usto qui connaît aujourd’hui un envahissement de l’espace public, trottoirs et chaussées, par les tentes en toile et les baraques en tôle des marchands informels. Un marché illicite à ciel ouvert, juste à côté d’une mosquée et d’un commissariat de police. En quoi, lancent des mauvaises langues bien inspirées, l’organisation des J.M à Oran pourrait contribuer à atténuer la clochardisation et la régression constatée ici et là à travers le fonctionnement et la maintenance du cadre de vie collectif ?
Par S.Benali