jeudi , 29 octobre 2020

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COJM ORAN: entre novices et amalgame

Comme savait si bien le faire le réalisateur Hans-Jürgen Syberberg dans ses œuvres cultes, ici à Oran, mettre en évidence le playback des timides activités média du COJM, c’est scrupuleusement honnête. Mais quand il s’avère que ces initiatives frisent le bide, on appréciera les limites désespérées du département «communication» de l’instance chargée de rehausser l’image de l’Algérie au travers des jeux Méditerranéens de 2021.
Le Comité d’Organisation de ces joutes olympiques d’Oran, peine à s’ouvrir à l’univers algérien, dans tous ses antipodes sociétaux, politiques culturels. Tout se passe comme si l’événement a été retiré du lexique quotidien, ou n’intéresse que les sportifs. Depuis le 23 août 2015, date de désignation de la capitale de l’ouest algérien pour abriter les 19èmes Jeux Méditerranéens, aussi bien dans les grandes métropoles qu’à travers le profond pays, personne en dehors des professionnels concernés par le sujet et les commis de l’Etat n’ont eu ouï-dire de ce rendez-vous.
 L’épisode du lancement de la campagne nationale de communication et de mobilisation des volontaires pour la durée de l’événement, a démontré un vide sidéral d’idées et d’anticipations dans la démarche générale. C’est à Taghit, la magnifique Oasis de Bechar, que les responsables du COJM pensaient réussir l’étincelle médiatique. Cette décision s’est mue en un coup d’épée dans le sable. Les acteurs de cet essai raté, se sont retrouvés dans un site sidéralement vide, évoquent plus le tourisme printanier qu’un rendez-vous capital pour la mise en orbite du satellite extrêmement vital du volontariat.  Cette activité teintée de rendez-vous familial, sans impact stratégique et médiatique. Une maladresse mémorable dans le giron de la communication, un piètre choix qui ramène au déficit de professionnels en la matière. Même si des profils de secours ont renforcé les meubles du COJM, au titre d’experts venus de la capitale. Ces derniers, auraient pu empêcher l’erreur d’appréciation de Taghit. Parce que la thématique de cette opération commandait d’animer l’ouverture de la campagne de com et du volontariat dans le temple de l’information, des médias lourds, de la culture, de la dimension médiatique politique diplomatique et populaire.
 A 15 mois du lever de rideau de cet exceptionnel chapiteau, le constat donne le vertige. Derrière le paravent de façade, beaucoup de chantiers restent à finir et c’est toute l’organisation des jeux sur le terrain qui débuteront le 25 juin 2021 qui reste à affiner. Et sur laquelle on ne communique presque pas. Peut-être faut-il rappeler- ou apprendre- au staff organisateur que des jeux olympiques quel que soit son format, des championnats de monde de football ou des coupes continentales, des compétitions de haut niveau toutes disciplines confondues ne sont en réalité que de gigantesques opérations de communication d’images, de prestiges et d’ouverture politique ? Peut-être encore, faut-il rapporter aux pilotes de l’aéronef COJM Oran, l’obligation d’accompagner les jeux, dès leur domiciliation, d’un plan de communication complet, en interne et en externe afin que toutes les institutions de l’Etat, les partenaires, les médias, la société civile et même les visiteurs de l’Algérie découvrent, et un temps réel, ce dont est capable le pays.
Tout ce travail de base est classé hors priorité, ou occulté dans les activités du COJM, sans qu’aucun responsable s’en émeuve. Le président du Comité olympique Algérien percevait bien cette faille. Cependant, les lancinants tiraillements qui ruisselaient des rapports entre Mustapha Berraf et les ex-Ministres Bernaoui Raouf et El Hadi Ould Ali, n’autorisaient aucune atmosphère de travail et d’échanges sur les méandres de l’organisation des jeux d’Oran.
Pourtant, pionnier en tant qu’athlète de référence dans la planète olympique avec  ses 4 participations olympiques en 1996 à Atlanta 2000, Sydney 2000, Athènes 2004 et Pékin 2008, ses 4 jeux africains de Harare 95, Johannesburg 99, Abuja 2003, Alger 2007, ses 3 championnats du monde vécus en 2002, 2003 et 2006, pour ne pas citer ses 2 jeux panarabes assortis de 7 médailles d’or et de ses 3 jeux méditerranéens de Bari, Tunis, Almeria, paraissait tout désigné pour occuper le fauteuil de Directeur Général des jeux. Le troisième en 3 ans, si l’on insère le premier secrétaire général du COJM, ex-directeur de wilaya de l’énergie et des Mines, promu patron d’un Comité d’Organisation des Jeux, trituré et malaxé dans son organigramme selon les humeurs des décideurs de la wilaya ou du MJS.
Certes, la perfection clé en mains n’existe pas. Mais les changements douteux dans les nominations au sein de cette vitrine des JM 2021 interpellent. Il semblait bien dire ce géant américain Harrison Ford qui définissait ainsi les ingrédients pour une grande réussite: de bons acteurs, un scénario bien huilé et si vous complétez le tableau avec un expert d’envergure, le produit sera excellent.
Or, au COJM, aujourd’hui comme à ses entames, ce qui a brillé n’était pas d’or. Pourtant, ce gigantesque projet des JM 2021 est façonné depuis 2016 par une ribambelle de cadres  censée bien maitriser la cuisine des prestigieux rassemblements sportifs. Sauf que d’une semaine à l’autre, le Comité d’Organisation s’effritait, changeait de peau comme les reptiles, se disputait d’un chef de gouvernement  à l’autre, d’un ministre des sports à son suivant, d’un wali à son successeur. On se croirait dans le film d’Indiana Jones.
Heureusement que du côté des infrastructures, l’Etat veille au grain. Les délais pour la disponibilité des sites de compétitions et d’hébergement seront respectés. 800 millions de dollars ont été engloutis par ces travaux de Titans. Mais, de notre bonne ou mauvaise communication, dépendra la réussite des JM.
Par Fayçal Haffaf