dimanche , 14 août 2022

Comment résoudre la crise du logement ?

Depuis toujours à Oran, la question du logement n’est évoquée par les responsables et gestionnaires concernés qu’en termes de «dossier important» devant être suivi et traité conformément à la feuille de route tracée par les décideurs. On parlait ainsi simplement de «problème de logement» à Oran, mais rarement de crise chronique avancée ayant atteint un seuil alarmant en raison de multiples facteurs économiques, sociaux et urbains, notamment la fragilisation du vieux parc immobilier par manque d’entretien et de maintenance. L’exode rural vers la grande ville allait constituer un facteur de surpeuplement. Les bidonvilles ceinturant la ville d’Oran allaient vite devenir de véritables villages de misère, des agglomérations devant être plus tard «régularisées» et intégrées au territoire urbain. A défaut de pouvoir répondre aux demandes locales de logement, le taux moyen d’occupation à travers les quartiers et les anciennes cités d’habitat a rapidement atteint le record de 8 personnes par logement, l’un des plus élevés au monde. Dés les années 70, les questions du «vieux bâti» et du logement à Oran s’imposaient de plus en plus comme une priorité absolue, sans que les gouvernants de l’époque ne décident de mettre en œuvre une véritable stratégie de gestion urbaine de la capitale oranaise digne des besoins et des ambitions affichées. Malgré les milliers de logements réalisés durant ces dernières années, Oran est entrée dans une spirale de déficits forgée par un taux d’accroissement de la population, une «exode» incessante vers la ville d’Oran, et une politique dite d’éradication des bidonvilles et de relogement des occupants du vieux bâti à risque d’effondrement. Malheureusement la nature même du système de gouvernance de l’époque ne pouvait qu’entraîner les échecs et les médiocres improvisations. Un système obsolète qui était gangrené par l’incompétence, le laxisme, la prédation et l’opportunisme indécent d’une faune d’acteurs installés à tous les niveaux de décision et qui ont largement profité des programmes de logements pour s’enrichir illicitement. Aujourd’hui, malgré les premières lueurs de changement, beaucoup reste à faire pour assainir le mode de gestion des affaires locales et lancer une stratégie réfléchie et efficace permettant de résoudre la crise du logement. Il n’est pas interdit de rêver…
Par S.Benali