mardi , 22 septembre 2020

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Commerce VS production

Le marché national de l’automobile est l’un des plus importants d’Afrique. C’est peut être l’un des rares qui ne connaîtra pas de récession durant des années encore. La demande étant forte, c’est certainement l’investissement le plus sûr pour un constructeur désirant écouler sa production. Et pour cause, durant longtemps, l’Algérie était accrochée aux tableaux de tous les constructeurs mondiaux, comme un marché de premier ordre. La solvabilité de la clientèle, l’absence d’une offre conséquente en matière de transport en commun ou encore l’attrait certain de l’Algérien pour l’automobile, peu importe les raisons, l’Algérie est l’Eldorado de toutes les marques européennes, asiatique ou américaines. Il fut un temps où le Salon de l’Auto d’Alger était l’un des plus prestigieux du continent noir.
La crise économique que vit le pays impacte certainement le marché du véhicule neuf, mais tout le monde peut parier, sans trop de risque, sur sa solidité, pour les raisons invoquées plus haut. Et c’est dans ce contexte où la demande des Algériens se renforce que le gouvernement a opté pour une stratégie qui sépare l’importation du véhicule neuf de la production mécanique.
Les ambitions vont donc s’exprimer entre ceux qui cherchent à commercer dans la filière automobile et ceux qui rêvent de fonder une véritable industrie automobile en Algérie. Si les premiers peuvent compter leurs bénéfices à la fin de chaque exercice, les seconds devront avoir le souffle long et s’accrocher plus à leur rêve qu’à l’argent. C’est bien plus facile à dire qu’à faire, mais dans un avenir pas très lointain, les Algériens sauront qui court après les bénéfices faciles et qui pensent véritablement industrie. Le premier acte de cette « course », interviendra dans quelques jours, après que le chef de l’Etat a donné l’ordre de libérer définitivement le cahier des charges sur les importations des véhicules neufs. Le second acte concernera le cahier des charges sur la production de véhicules. C’est là que nous verrons les capitaines d’industrie de demain.
Mais disons-le tout de même, l’Algérie a besoin de tous ses enfants, les commerçants, comme les producteurs. C’est dire que la situation n’est ni totalement noire ni totalement clean. Entre les deux, il y a sans doute beaucoup à faire. Il y a de place pour tous. Mais à l’Etat de savoir encourager les producteurs, avec la ferme intention de sortir de la logique de l’exemple pour passer à une vitesse supérieure.
Par Nabil.G