jeudi , 1 octobre 2020

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Consacrer la rupture

Dans son premier grand oral face aux députés de l’APN, le Premier ministre Abdelaziz Djerad a martelé les grandes convictions de son équipe gouvernementale, en prenant un soin particulier à mettre en exergue que l’exécutif avait un cap clair et bien dessiné pour, non seulement, gérer cette période délicate, mais aussi et surtout mettre en pratique les jalons de la nouvelle République promise par le président de la République.
Son discours aura été aussi marqué par un souci manifeste de dire la vérité sur la situation actuelle du pays. Mais avec le souci, toujours avancé, d’assumer et surtout de dépasser ces difficultés héritées de la mauvaise gestion passée.
Il faut dire que sur ce point, les mots choisis par le Premier ministre ont été très forts et sans concessions envers ceux qui ont eu à gérer le pays ces dernières années, relevant à ce sujet que l’Algérie avait connu lors de ces dernières années, « une gestion catastrophique de l’Etat ainsi que des pratiques autoritaires ayant mené au pillage et à la dilapidation des richesses du pays et à la destruction systématique de ses institutions et de son économie dans le but d’accaparer ses biens », des pratiques qui ont entraîné « la marginalisation des compétences nationales, sincères et honnêtes, déstabilisant ainsi les fondements même de l’Etat, et menaçant l’unité du peuple ».
Un réquisitoire en règle duquel il n’a pas exclu la dernière loi des finances confectionnée, pour rappel, par le gouvernement Bedoui. Une loi de finances dont certaines dispositions tendaient, estime le Premier ministre, « à semer la confusion ». Il cite en particulier « des dispositions fiscales injustes envers les salariés exerçant au Sud et certaines professions libérales ». Des dispositions qui seront annulées par l’élaboration d’un projet de loi de finances complémentaires.
Il faut dire que la nouvelle équipe dirigeante du pays puise sa politique prochaine des soubresauts qu’a connus le pays ces derniers mois, et tend à consacrer une rupture effective avec les agissements et la gouvernance du passé, avec cette recherche permanente de reprendre les liens rompus avec le citoyen ou comme l’a exprimé le chef de l’exécutif «le rétablissement et le renforcement de la confiance entre le peuple et ses dirigeants passent par une démocratie basée sur les principes de l’alternance au pouvoir, le respect des libertés individuelles et collectives, la justice sociale et la consolidation de l’Etat de droit ».
Un gouvernement qui aspire à une «société dans laquelle il n’y aura pas de place pour les différences entre les Algériens, et ce, quel que soit leur niveau social ».
Tout un programme que devra mettre en exécution une équipe gouvernementale en parfaite cohésion, car la tâche est loin, très loin, d’être facile.
Par Abdelmadjid Blidi