dimanche , 27 septembre 2020

Covid-19: Controverses, polémiques et interrogations sans réponses…

L’épidémie du coronavirus ne pouvait, à l’évidence, que bouleverser les comportements et les pratiques sociales. Les mesures préventives de lutte contre la propagation du Covid-19 n’ont pas cessé, un peu partout, d’animer, voire d’envenimer l’incontournable débat sur la pertinence et l’efficacité des consignes recommandées. Les modes de gestion et de suivi de l’épidémie ont également alimenté des questionnements et des controverses émanant aussi bien des professionnels concernés que de citoyens anonymes pourtant profanes et ne maîtrisant pas le sujet. A Oran peut-être un peu plus qu’ailleurs, l’ambiance de doute s’est peu à peu installée, gonflée par les interrogations sans réponses et les incohérences de certains comportements contraires à toute règle préventive de sécurité. Et ce qui est à la fois risible et choquant est ce regain de polémiques stériles entretenues par certains médiatiques voulant imposer à l’opinion leur seule façon de voir et de penser. Pourquoi critiquer, voire parfois insulter des imams qui ont pris la louable initiative d’offrir un très bel exemplaire du saint Coran à des médecins installés en première ligne de la lutte contre l’épidémie ? En quoi ce geste porterait-il atteinte aux ambitions collectives pour le progrès et la modernité ? Depuis quelques temps, il est vrai que certains commentateurs, agitateurs attitrés, ne cessent abusivement de pointer du doigt tous ceux qui ont une légitime tendance à recourir également à la prière, demandant au pouvoir divin sa clémence et sa miséricorde. Rien n’interdit à des intellectuels proches d’un athéisme mal assumé, de rire ou de plaisanter sur ces pratiques religieuses séculaires inscrites dans notre société. Brandissant constamment les risques du «fondamentalisme islamique», pourvoyeur il est vrai de dérives et de dangers, certaines élites présumées ne cachent même plus leur aversion envers les algériens qui pratiquent leur Islam dans l’intimité et la tolérance partagée. Il faut bien évidemment dénoncer et condamner le fatalisme aveugle ouvrant la porte aux charlatans et aux escrocs qui surfent sur la peur et la naïveté de bon nombre de concitoyens. Mais cela ne saurait justifier les moqueries et les invectives envers ceux qui croient que le Coran sacré est une source de savoir, de sagesse et de grand réconfort. Certes, beaucoup reste encore à faire en matière de réformes institutionnelles et de changement des mentalités permettant d’assurer la durabilité du chemin vers la démocratie, le progrès et la modernité.
Par S.Benali