lundi , 28 septembre 2020

Crédibilité et transparence dans les actions engagées

Le logement, les bidonvilles, le vieux bâti, le cadre urbain, les grands projets en cours d’achèvement, les opérations d’aménagement urbain et de réhabilitation d’infrastructures toujours en attente depuis des années, la maintenance de la voirie et des réseaux d’évacuation des eaux avant les grandes intempéries, et bien d’autres dossiers de gestion des affaires locales sont sur le bureau du nouveau wali. Certains sont même là depuis des lustres, toujours classés au registre des «instances», coincés par des paradoxes et des contraintes inextricables. Mais c’est surtout la légendaire fatalité oranaise des retards et des échecs qui reste à l’origine des affaires non résolues et des programmes d’action non achevés. A Oran, bon nombre de «mauvaises langues» s’interrogent sur le crédit à accorder aux critères d’évaluation de l’action d’un wali après un passage de un, deux ou trois ans aux commandes de gestion d’une collectivité locale. On sait, notamment à Oran, que la «feuille de route» d’un responsable désigné à la tête de la wilaya se résume encore le plus souvent bien plus au règlement des «dossiers hérités» et à la consommation au pas de charge des crédits encore disponibles, bien plus qu’à la réflexion et la mise en œuvre d’une meilleure politique, en termes de moyens et de procédures, permettant une sérieuse prise en charge de l’avenir de la Cité dans toutes ses composantes urbaine, économique, culturelle, sociale et sportive. Une politique qui pour être crédible et efficace, doit impérativement reposer sur une adhésion et une implication réelle des élites citoyennes locales.
Et non pas sur des visions, aussi vagues que démagogiques, avancées par certains walis voulant colorer leur image, forger leur carrière et assouvir leurs propres intérêts. Faut-il, pour illustrer le propos, rappeler les récents passages à la tête de la wilaya oranaise de ces anciens walis, devenus Ministres de la République, aujourd’hui mis au banc des accusés pour de scabreuses affaires liées à la distribution du patrimoine foncier. A l’époque, les discours et les slogans sur la modernité et le progrès de la ville d’Oran n’étaient en réalité qu’un alibi de taille permettant de cultiver l’illusion et d’entretenir discrètement le champ de la prédation et de la dilapidation du patrimoine foncier et immobilier. Le salutaire mouvement du Hirak populaire a évidemment changé la donne, obligeant sans doute les responsables gestionnaires à plus de crédibilité et de transparence dans les actions engagées. Faut-il croire pour autant que la ville d’Oran sortira du marasme et des balbutiements qui pénalisent toujours sa croissance urbaine et son développement ?
Par S.Benali