mercredi , 5 août 2020
<span style='text-decoration: underline;'>TRIBUNAL DE SIDI M’HAMED</span>:<br><span style='color:red;'>De lourdes peines requises à l’encontre de Sellal, Ouyahia et Tahkout</span>

TRIBUNAL DE SIDI M’HAMED:
De lourdes peines requises à l’encontre de Sellal, Ouyahia et Tahkout

Au troisième jour du procès de Mahieddine Tahkout, une affaire de corruption dans laquelle sont impliqués les deux anciens premiers ministres, Abdelmalek Sellal et Ahmed Ouyahia, de lourdes peines ont été requises.

En plus des peines allant jusqu’à 16 ans de prison ferme, le paiement d’importantes sommes d’argent et la saisie de biens ont été aussi requis dans le même procès contre les différents accusés. Ainsi, s’agissant du principal accusé dans cette affaire, qui d’ailleurs porte son nom, Mahieddine Tahkout en l’occurrence, le procureur de la République près le Tribunal de Sidi M’hamed (Alger) a requis à son encontre 16 ans de prison ferme. Le procureur a également requis contre le concerné le paiement d’une somme 8 millions de DA avec la saisie de ses biens.
S’agissant des anciens premiers ministres, Abdelmalek Sellal et Ahmed Ouyahia, le procureur a requis une peine d’emprisonnement d’une durée de 15 ans, assortie de la décision de confiscation de leurs biens et le paiement d’une amende de 8 millions de DA pour chacun des deux accusés.
Par ailleurs, et en guise de dommages et intérêts pour les pertes occasionnés par Mahieddine Tahkout et ses associés, à savoir les membres de sa famille, le Trésor public a réclamé le paiement d’une importante somme d’argent.
Durant le même procès, son représentant a réclamé plus précisément un montant de plus de 309 milliards de DA dont 285 millions et 670.000 DA devant être payés par les prévenus: Mahieddine Tahkout, Rachid Tahkout, Hamid Tahkout et Bilal Tahkout ainsi que l’ensemble de leurs associés.
À l’encontre des ministres poursuivis dans cette affaire, à savoir Abdesselam Bouchouareb, Abdelghani Zaalane, Youcef Yousfi et Ammar Ghoul, le représentant du Trésor public a réclamé le versement d’un montant d’un million de DA. En outre, le même responsable a réclamé des autres prévenus, dont le nombre dépasse cinquante, d’indemniser le Trésor public à hauteur d’un million de DA, avec la confiscation de leurs biens se trouvant à l’intérieur du pays et à l’étranger.
À signaler que le juge, lors de l’audience d’hier, a auditionné l’homme d’affaire Tahkout Rachid, frère de l’accusé principal, qui a nié toute relation avec cette affaire puisque, a-t-il argué, «j’ai quitté la société de mon frère en 2013».
L’autre frère, Abdelhamid Tahkout, qui gérait les deux sociétés de contrôle technique et de transport, a nié également les chefs d’accusations retenues contre lui. En réponse aux questions du juge à l’adresse de plusieurs concernés par le cahier des charges unifié, adopté dans l’octroi des marchés de transport des étudiants, l’accusé Ben Miloud Abdelkader, ancien DG de l’établissement de transport urbain et président de la commission d’évaluation des offres (2010-2015) a aussi rejeté les accusations de complaisance dans l’octroi de marchés.» Affirmant que «les trois appels d’offres avaient été lancés sur la base d’un cahier de charges clair qui n’était au service d’aucune entreprise ou personne», il a ajouté que «le nombre des soumissionnaires à ces appels d’offres était à chaque fois deux opérateurs». Le juge a longuement écouté l’accusé Boudraa Abdelhak, ancien directeur de l’Office national des œuvres universitaires (ONOU), qui a affirmé que l’octroi des marchés se faisait «sur la base d’un cahier de charges précis et unifié» et qu’il avait «donné des instructions pour le respect de ses clauses».
A son tour, l’accusée Abderrezak Aicha, ordonnatrice à la direction de l’ONOU Alger Ouest, a rejeté les chefs d’accusations retenus contre elle, affirmant qu’un «cahier de charges unifié avait été imposé par la Direction de l’ONOU à travers des correspondances», niant toute prérogative pour agir en dehors du cahier des charges. Même affirmation avancée par l’accusé Kheireddine Remache, directeur de l’ONOU Alger-Est, qui a révélé que le cahier de charges «avait été élaboré dans la précipitation, en une seule journée seulement». Pour sa part, l’accusé Farouk Farouklikha, ex-directeur de l’ONOU a nié toute implication dans l’élaboration du cahier des charges, soutenant avoir pris ses fonctions bien après. Il a ajouté qu’il n’avait reçu aucune plainte à propos du cahier des charges.
Le juge a questionné, en outre, d’autres accusés, dont la plupart d’anciens directeurs de Résidences universitaires sur le nombre des soumissions en vue de l’obtention d’un marché de transport des étudiants. Tous ont répondu que le nombre ne dépassait pas trois.
Le juge a également interrogé l’accusée Fatma Zahra Larbi Bouamrane, chef de service contrats commerciaux à Mobilis, sur l’attribution à la société CIMA-MOTORS d’un marché d’acquisition de véhicules, qui a assuré que les procédures de l’appel d’offres ont été conformes à la Loi.
À rappeler enfin que le tribunal a auditionné, mardi matin, l’accusé principal, Mahieddine Tahkout et l’ancien wali, Abdelghani Zaalane.
Samir Hamiche