vendredi , 14 août 2020

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De l’utilité d’une loi des Finances…

Les membres de la Commission des Finances de l’APN font presque de la résistance à un gouvernement qui a confectionné une loi de finances plutôt pas très contraignante, mais apparemment pas assez au regard des députés. Il reste que la fonction de toute loi des Finances est bien entendu de tendre vers l’équilibre et pourquoi pas dégager des excédents commerciaux.
Les députés ont-ils axé leur amendement dans ce sens ? On peut faire le pari que la réponse est négative. Dans l’équation économique de ces dernières années, on aura remarqué que le gouvernement se démène pour trouver une solution durable au problème des exportations hors hydrocarbures. Elles sont quasi-nulles. Même lorsque l’argent du pétrole coulait à flot, on y pensait systématiquement, histoire de mettre le doigt sur la tare économique du pays. Il faut dire que l’Algérie est peut-être le seul pays au monde où la structure du commerce extérieur soit aussi déséquilibrée. Toutes les tentatives pour y remédier se sont révélées inefficaces. D’année en année, le pays s’en trouve de plus en plus empêtré dans une logique rentière qui dessine un avenir inquiétant. L’avenir en question, est présentement le présent.
Le problème est donc profond. Il est en rapport direct avec la capacité des managers algériens à se projeter à l’international. Tout se passe comme si les opérateurs nationaux ont une peur bleue de l’étranger et préfèrent se soumettre à la loi de l’import-import, plutôt que de se «révolter» contre cet état de fait et imposer une autre logique, beaucoup plus offensive. C’est cela la stricte vérité et on a de la peine à croire les «jérémiades» des patrons qui se voilent la face en accusant l’Etat de bureaucratiser l’acte économique. Aujourd’hui encore, les discours des uns et des autres tournent autour des préalables à l’acte d’exporter, histoire de tourner le dos à la responsabilité de devoir un jour affronter les autres.
Il y a plusieurs années, le gouvernement, comme pour dire qu’il y travaille, a eu la «géniale» idée de séparer l’activité de l’import de celle de l’export. Cela n’a débouché sur aucun résultat. Un autre coup d’épée dans l’eau. Et pour cause, le nombre d’importateurs n’a cessé d’augmenter beaucoup plus que celui des exportateurs. Seulement voilà, «il faut bien faire quelque chose», semble dire tous les exécutifs qui ont planché sur le sujet. Celui de Bedoui a produit une loi de Finances qui n’évoque pas du tout le thème de l’exportation. C’est tout juste, s’il en parle pour le principe…

Par Nabil.G