dimanche , 27 septembre 2020

Délabrement urbain et régression permanente

Depuis plusieurs jours, les habitants de bon nombre de quartiers à Oran redécouvrent les déboires et les désagréments de l’absence d’eau potable coulant des robinets. Souvent prises au dépourvu, des familles se rabattent sur les colporteurs et vendeurs de jerricans d’eau douce, même dans des épiceries de quartier occupant toujours ce créneau. Et peu à peu, au fil des jours, la patience cède le pas aux colères verbales exprimées entre voisins ou sur les réseaux sociaux.
«Ils parlent encore de ville moderne et de métropole devant accueillir les jeux méditerranéens… alors que l’eau ne coule pas dans les robinets et que les rues sont infestées par les déchets et les ordures non ramassées…» s’indigne un habitant du quartier HLM/USTO. Il est vrai que cette zone urbaine n’a jamais cessé de souffrir des tares et des dérives urbaines, commises en toute impunité depuis plus de trois décennies. Après les erreurs et les malfaçons dans la conception et la réalisation des réseaux d’évacuation des eaux à travers ces anciennes Zones d’habitat urbain nouveau, de nombreux immeubles, notamment aux 1245 logements, ont été condamnés à l’inondation régulière de leur caves et vides sanitaires, provoquant on le sait, l’invasion des moustiques et des rats même en période hivernale.
L’intervention des pouvoirs publics a certes, réduit quelque peu le fléau sans toutefois résoudre le problème en engageant un vrai projet de réfection des VRD digne des attentes de la population concernée. Beaucoup ici pointent du doigt certains anciens walis des années 80 qui ne se souciaient guère des erreurs et des tricheries commises dans la réalisation des travaux de finition des immeubles de la Cité.
Sans parler de l’absence d’équipements et de structures sociales d’accompagnement qui allait transformer la «zone – dortoir» en guetto réceptacle de tous les maux et les fléaux. A ce jour, à la cité des 1245 logements, le bureau de poste occupe un appartement au rez de chaussée. D’anciens terrains prévus pour accueillir des écoles, crèches, ou commerces de proximité ont été attribués à l’époque à des pseudo-opérateurs privés pour des projets qui n’ont jamais vu le Jour.
L’Histoire, et la mémoire collective, retiendra les noms de ces anciens responsables locaux, Maires, Chefs de Daïra ou Wali, qui ne fonctionnaient qu’au registre de la corruption et de la magouille dans la gestion des affaires locales, abandonnant la ville dans son triste décor de délabrement et de régression permanente, cumulant les carences et les déficits dans tous les secteurs clefs du fonctionnement et de la maintenance urbaine. Y compris l’eau potable, l’assainissement des eaux usées ou l’évacuation des eaux pluviales.
Par S.Benali