vendredi , 14 août 2020

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Dernière ligne droite

Dernière ligne droite, derniers contacts avec les «électeurs-parrains», dernières consignes aux militants, la campagne pour la collecte des signatures de parrainages, aborde ces cinq derniers jours, son ultime virage avant l’heure de vérité, celui de la déclaration effective de candidature. Dans la société, les avis sont partagés entre voter et boycotter. Même si les médias publics font le pressing pour amener les citoyens à faire leur devoir électoral, l’on n’est pas encore sûr que ces derniers aient pris la résolution d’aller en masse aux bureaux de vote. D’ailleurs, la question ne se pose pas encore, pour la simple raison qu’il faut d’abord attendre la campagne électorale et les arguments des candidats. Un électeur a tout le temps de se décider. Il peut prendre sa décision le 12 décembre à 18 heures.
Il reste que si les postulants à la magistrature suprême ne prennent pas en compte la spécificité de la phase historique par où passe le pays et ne démontrent pas, argument à l’appui que la participation citoyenne au scrutin est un élément fondamental à sa réussite, les raisons de la désaffection des électeurs demeurent de mise. Cela va de l’incapacité des candidats à développer un discours cohérent, jusqu’à l’absence de total de programme, en passant par la faiblesse évidente de la campagne elle-même.
Tous ces facteurs sont essentiels, dans l’acte électoral. Il faut dire que dans les précédentes consultations électorales, les locales de 2017 à titre d’exemple, le citoyen n’a que très peu vu son maire sur le terrain. Ce dernier n’a bougé qu’à l’odeur de pneus brûlés sur la chaussée pour faire une vague promesse et puis s’en est allé discutailler avec une administration froide qui s’entête à ne lui reconnaître aucun pouvoir sur elle. Les Algériens savent certes faire la différence entre un maire et un président de la République. Mais ils savent aussi que les élections relèvent d’une mentalité qu’il sera difficile de combattre, lorsqu’on est confronté à une administration hyperbureaucratisée. C’est dire l’importance pour les candidats et pour l’Etat, d’expliquer l’enjeu de l’heure qui va bien au-delà de la bureaucratie ambiante en Algérie.
Le constat peut paraître trop dur, mais il est entendu qu’un rendez-vous électoral de cette importance historique, recommande de la part de la classe politique de prendre la mesure de l’importance de la voix du citoyen et de la mission des institutions de la République. En un mot, le succès d’une élection est en rapport direct avec la conviction des Algériens à construire une démocratie avec tous ses attributs. C’est le principal message que les candidats doivent unanimement faire passer auprès de l’opinion nationale.

Par Nabil.G