jeudi , 24 septembre 2020

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Derrière le marasme

Dans le marasme économique dominant en Algérie, avec toutes ces annonces quelque peu «stressantes» sur l’avenir financier du pays, il y a un secteur qui ne demande qu’à éclore un jour ou l’autre, malgré son caractère conjoncturellement budgétivore. Il faut dire, à ce propos que le marché national de l’automobile ne cesse d’enfler. Il est en passe de se transformer en industrie, tellement la demande est forte et les constructeurs visiblement intéressés à y investir. Dans une conjoncture moins problématique au double plan financier et économique, l’Algérie aurait facilement accroché aux tableaux de tous les constructeurs mondiaux, comme un marché de premier ordre. Il l’est déjà pour l’Afrique. D’ailleurs, les observateurs économiques n’ont pas manqué, il y a quelques années à le comparer aux céréales où notre pays s’impose comme le premier importateur et principal «soutien» à la céréaliculture européenne. Il faut savoir, en effet, que la facture d’importation a dépassé les 4,5 milliards de dollars pour la seule année 2013.
Ainsi, dans le blé comme dans les voitures, l’Europe reste la destination première de l’Algérie officielle et de l’Algérie populaire. Car, il faut bien reconnaître que ce ne sont pas les autorités publiques qui obligent les Algériens à acheter Européen. Le marché est ouvert, concurrentiel, mais cela n’empêche pas les nôtres d’avoir un petit penchant pour le made Europe. Ce ne sera donc pas le petit peuple qui irait critiquer le gouvernement de choisir les céréaliers occidentaux pour approvisionner le marché local.
Il reste que cette coïncidence amène à s’intéresser d‘un peu plus près aux relations entre l’Algérie et son ancien colonisateur. Sommes-nous réellement affranchis du poids de l’économie française cinquante sept années après notre indépendance ? La réponse est oui et non. D’abord oui, parce que l’origine de l’argent qui nous permet d’acheter le blé et les automobiles est exclusivement le nôtre. Il l’est devenu suite à une décision politique très courageuse qui a permis au pays de se relever après la décennie noire. Mais la réponse est également «non» puisque nous achetons encore chez les Français. Nous leur avons repris nos richesses pour les leur donner cinquante ans après.
Bref, la situation n’est ni totalement noire ni totalement clean. Entre les deux, il y a sans doute beaucoup à faire. Les usines Renault et Peugeot à Oran, les seuls à s’en sortir après le passage de la tempête, en sont des exemples. Cela pour dire qu’il faut bien un jour, sortir de la logique de l’exemple et diversifier une bonne fois pour toute notre importation et notre partenariat stratégique.

Par Nabil.G