jeudi , 29 octobre 2020

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Des changements qui pèseront

Le Conseil constitutionnel a validé les résultats des élections présidentielles du 12 décembre. Une validation attendue, du moment qu’aucun des quatre autres candidats n’avait déposé de recours auprès dudit conseil. Ainsi il s’agit aujourd’hui, pour parfaire la légitimité de ce scrutin, d’attendre la cérémonie de prestation de serment du nouveau Président de la République qui aura lieu selon plusieurs sources demain jeudi. L’Algérie s’est ainsi dotée d’un Président et a renoué avec la légalité en évitant au pays ce vide constitutionnel qui la guettait et menaçait son avenir. Et ce n’est ici la victoire d’aucune partie, mais seulement celle de l’Algérie, dont beaucoup souhaitait et travaillait pour qu’elle ne s’en sorte jamais.

Le hirak qui s’est exprimé aux tous premiers jours de ce fabuleux mouvement a réussi à changer la face du pays. Il a mis fin au règne chancelant d’un système prédateur, dont les dérives nous sont dévoilées chaque jour que Dieu fait. Le pays a besoin aujourd’hui d’un climat apaisé et d’un dialogue inclusif qui permettra de donner plus de consistance à l’oeuvre amorcée par le hirak, que certains veulent malheureusement dénaturer, en voulant mettre en place des agendas étrangers. Mais il ne saurait y avoir de salut pour le pays qu’en mettant le seul agenda qui vaille, à savoir l’agenda national où tous les Algériens sont en droit d’avancer leurs revendications.

Ce serait un gâchis immense de faire dévier le hirak de son cours, en l’enfermant dans des affrontements stériles et calculateurs pour mener une bataille qui n’est pas celle du peuple algérien mais d’officines obscures qui ne nous veulent aucun bien. Le hirak comme l’a si bien dit le nouveau Président est une bénédiction, et en cela tous les Algériens sont d’accord. Mais le plus important est de voir l’Algérie prendre une nouvelle direction et rompre définitivement avec le modèle de gestion suivi jusque là.

Car il est aujourd’hui une chose de sûr, l’Algérie ne peut plus être gouvernée comme elle l’a été par le passé. Aucun président quelles que soient ses réalisations et ses avancées aussi bien sociales, politiques qu’économiques ne peut s’éterniser au pouvoir. Il faut verrouiller la nouvelle Constitution et limiter les mandats présidentiels d’une manière claire et définitive pour ne plus avoir à vivre ce que nous avons connu dans un passé récent.

Après cela, la démocratie et l’expression libre se construiront fatalement, car il sera clair et définitif que l’ère des potentats est finie pour toujours, et qu’il n’y a de place que pour la volonté du peuple qui a démontré le 22 février dernier. Un peuple qui est et sera toujours là et qui veillera à ce qu’aucun retour au passé ne sera plus permis. Mais aujourd’hui il faut avancer tous ensemble vers le mieux et le meilleur de l’Algérie, ce dénominateur commun qui nous lie tous sans exception.
Par Abdelmadjid Blidi