lundi , 18 janvier 2021

Des décennies de laxisme et d’improvisation

Jeudi dernier, lors de la session ordinaire de l’Assemblée Communale, le Maire d’Oran M. Noreddine Boukhatem, a exposé les nouvelles lignes directrices de sa politique de gestion des affaires municipales, notamment sur le plan économique et financier. Fort des récentes instructions du gouvernement, invitant les élus locaux à assurer une certaine émancipation des collectivités locales qui devraient à l’avenir «compter sur elles mêmes et sur leur propres ressources», le maire d’Oran a annoncé la couleur, en pointant du doigt à juste titre, tous les contrats-programmes liant l’APC aux différentes EPIC créées pour prendre en charge des missions relevant exclusivement des attributions communales. Il est vrai, que ces entreprises de wilaya, chargées de la collecte des ordures, des espaces verts, de l’éclairage public ou du transport urbain, ont été instituées il y a quelques temps, pour répondre aux insuffisances et aux grandes lacunes, marquant la prise en charge de ces dossiers par la plupart des APC. Depuis des décennies, il faut bien l’admettre, la grande Mairie oranaise n’a jamais été capable de maîtriser l’ABC d’une gestion saine et rigoureuse, de ses ressources et de ses dépenses, permettant d’assurer les équilibres et de répondre aux attentes des administrés. L’histoire contemporaine de l’APC d’Oran, reste parsemée d’échecs, d’inepties et de dérives en tout genre, ayant conduit depuis quelques années, à des situations inextricables, bien difficiles à assainir. A l’image de ces recrutements anarchiques de personnel qui se «stratifient» par centaines au gré des mandats successifs ou des opérations d’aménagements et de réaménagements de locaux et d’espaces verts, d’entretien présumé des chaussées et de trottoirs, de réfection de toitures d’écoles et du chauffage des classes, et de bien d’autres actions initiées mais qui, paradoxalement, restent sans impact réel et bien visible sur le terrain. Il était donc bien temps de «remettre les pendules à l’heure» et d’assumer avec courage, une politique de remise en cause du vieux système municipal, gangrené par des pratiques et des mentalités révolues, affirmant que la politique du «stand-by» et du «wait and see» n’a que trop duré. Noureddine Boukhatem a estimé, que «les établissements publics prestataires de services pour le compte de la commune, ne font preuve d’aucun signe de changement positif, et se complaisent dans un statu quo qui leur garantit des gains très faciles sur le dos de l’APC». Mais au-delà de ce juste constat, et de cette remise en cause légitime, beaucoup parmi les mauvaises langues locales ne s’empêchent pas de déclarer que les élus locaux oranais, APC et APW confondues, sont les premiers responsables de ces lamentables situations de gestion forgées par des décennies de laxisme et de ridicules improvisations.

Par S.Benali