lundi , 6 juillet 2020

Des dérives urbaines commises en toute impunité…

L’APC d’Aïn El-Turck a procédé en début de semaine, à une opération plutôt insolite qui consistait à enlever de très gros blocs bloquant l’accès à une plage dans la localité de St Roch. Accompagnés par une brigade de police de l’environnement, les services communaux avaient pour instruction de libérer l’espace qui, nous dit-on, allait être «détourné» par un riverain «voulant se l’approprier». Selon des témoins, l’énergumène en question aurait profité de la dure période de pandémie et de confinement pour acheminer des rochers et les empiler en guise de barrière devant délimiter son «nouveau territoire». Difficile de croire que l’on puisse ainsi confisquer une parcelle de plage relevant du domaine maritime de l’Etat et appartenant donc, en libre accès, à tous les citoyens algériens. Non loin de là, les mêmes services municipaux venaient de démolir une construction illicite érigée sur le littoral par un résident qui voulait lui aussi occuper une bonne superficie en construisant une plate-forme sur la plage. Ici et là, comme à St Germain, des opérations de démolition similaires ont été menées par l’APC, visant des extensions sauvages interdites réalisées durant la période de confinement. Des extensions dénoncées par des riverains et des citoyens choqués par cette ruée sauvage sur les espaces bordant la côte le long de la corniche oranaise. Des pratiques illicites qui semblent encouragées par une certaine absence des pouvoirs publics accaparés, il est vrai, par l’application des mesures de lutte et de prévention contre la propagation du Covid-19. Même sur le tissu urbain de la ville d’Oran, à l’image de la cité des 1245 logements aux HLM/USTO, des squatters de vides sanitaires se sont permis de construire des extensions sauvages sur le trottoir, déformant les façades d’immeubles et clochardisant le cadre urbain au grand dam des habitants. Beaucoup ici, parmi les résidents, pointent du doigt, à tort ou à raison, une complicité «passive» des services concernés, dont la Daïra, l’APC et surtout les services de l’OPGI propriétaire des parties communes dans cette vieille cité d’habitat. Il est vrai que l’on peut légitimement s’interroger sur les raisons de l’indifférence et du laxisme souvent affichés face ces dérives urbaines commises en toute impunité…
Par S.Benali