lundi , 18 janvier 2021

Des dossiers en instance depuis plus de 50 ans

Malgré les crédits colossaux, les moyens engagés et les efforts consentis par les pouvoirs publics pour juguler la crise du logement, il demeure bien évident, notamment pour la Wilaya d’Oran, que le déficit risque encore de s’aggraver, creusant l’écart entre une demande en constante croissance et une offre de logements qui ne répond qu’aux seules urgences dictées par la conjoncture et les impératifs d’une politique sociale dépassée. Les analystes de l’évolution démographique et urbaine de la région oranaise estiment que l’offre globale de logements, toutes formules confondues, ne parviendra pas à satisfaire tous les besoins, souvent collectivement exprimés par des groupes de population divers devant être pris en charge en raison de leur situation de précarité ou de risques d’effondrement de leur toiture. Car à ce jour, le Bidonville et le Vieux bâti demeurent les deux seules grandes sources de «consommation» de logements neufs construits chaque année. Ce qui suppose que seule leur totale éradication permettrait peut-être de réduire l’écart entre la demande globale et le nombre d’unités disponibles. Malheureusement, on sait que ces deux dossiers qui pénalisent le développement urbain harmonieux de la Capitale oranaise, restent inscrits depuis des décennies au registre des instances «héritées», d’un wali à un autre, et qui sont à chaque fois pris en charge dans un climat de totale incertitude et de tâtonnements récurrents. Et ce qui est encore plus choquant et révoltant est le fait que depuis cinquante ans, on assiste toujours aux mêmes discours et aux mêmes slogans triomphateurs, à la gloire d’un système de gouvernance obsolète et défaillant qui ne cherche que sa propre reconduction. On se souvient de cet ancien wali qui annonçait sans vergogne qu’il allait disait-il, «définitivement régler d’ici deux ans la crise du logement à Oran». La démagogie et l’allégeance au pouvoir du moment permettaient tous les mensonges et toutes les insultes à l’intelligence. Mais, rares à l’époque étaient ceux qui osaient dénoncer ces pratiques indécentes permettant à certains dirigeants de «soigner leur image» et de forger leur «carrière» pour se frayer un chemin dans l’arène des décideurs et des barons d’un système aux commandes des destinées de la Nation. Oran, trop longtemps marginalisée et meurtrie par les fausses politiques de prise en charge de son avenir social, économique et urbain, attend toujours des lueurs de changement et d’espérance pour le règlement de ses grands dossiers en instance depuis plus de cinquante ans.
Par S.Benali